17. la rue de l'au et le arache

 

pour revoir le plan et l'itinéraire

A l'arrière des immeubles de la rue des Fabriques et dans son prolongement, l'actuelle rue de l'Eau a existé jusqu'en 1950 un canal industriel établi en dérivation du Ton afin d'alimenter les nombreux ateliers du quartier en force motrice.

La rue de l'Eau a été aménagée sur le site du canal remblayé après la fermeture ou la transformation des différents ateliers qui l'utilisaient.

Au début du 20e siècle, époque florissante pour la culture du tabac à Saint-Léger, des ateliers de découpe et même un atelier de fabrication de cigares étaient implantés dans la rue.

Nous entrons dans le quartier du Marache. Fond de vallée, il était constitué autrefois de marécages. Il arrive encore que le Ton y sorte de son lit lors de gros orages. Un lavoir tunnel y est installé à flanc de coteau. La nouvelle école communale fondamentale ouverte en 2002 domine maintenant le paysage.

 

 

l'école communale

 

 

  

 

le Marache

"Ce mot viendrait du mot "marage" qui avait le sens de marécage en ancien français. Le quartier est situé dans la partie la plus basse du village, ce qui justifie pleinement sa dénomination. Les jardins aménagés le long de la rivière étaient particulièrement soignés. On y accédait par divers ponts en béton.

Devant l'ancienne carrière existe une fontaine, un lavoir-tunnel décrit par Georges Matagne : "Plus massifs d'aspect, plus pesamment construits en pierre locale, les deux lavoirs-tunnels de Saint-Léger donnent l'impression de lourdeur, de solidité surabondante. Une couche protectrice de ciment leur sert de couverture (...) L'autre installation est encore en service à proximité de la scierie (Reizer) ; elle était jadis incrustée dans la colline et a été fortement dégagée par suite de l'extraction de la pierre surincombante."

 

 

La fontaine a été restaurée par la commune en 1986. Comme la plupart des édifices de ce type, elle subit une lente et discrète déprédation due à son non-usage. Il est vrai que l'humidité permanente qui y règne est peu propice à un aménagement autre que celui de sa destination première. Quelques nigauds s'en servent comme poubelle. Sa voûte a toujours été un bel espace de jeux pour les gamins du quartier ou de passage.

Revenons près de nos marronniers. Passé le pont, sur la droite, la fontaine. Dans les années 50, les ménagères de Choupa allaient encore y rincer leur linge transporté dans des paniers posés sur des brouettes en bois. Ce n'était pas une mince affaire pour remonter la côte de Choupa. Les dames de l'époque ne craignaient pas l'exercice physique."

Source : Joseph Collignon in "Le Gletton, mensuel de la Gaume et d'autres collines" - n° 280-281 - juillet/août 1999

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le moulin du Marache

"Au 13° siècle, l'abbaye d'Orval obtint un tiers de la dîme de Saint-Léger. C'est sans doute à cette époque qu'elle acquit une partie du moulin banal situé à l'emplacement du bâtiment appartenant actuellement à Eric Bouvy.

Lors de la constitution du cadastre de 1766, l'abbé et les religieux d'Orval déclarèrent le possession de onze seizièmes du moulin banal de Saint-Léger, les cinq seizièmes restants appartenant au domaine de sa Majesté l'impératrice Marie-Thérèse. C'est pour cela que l'adjudication pour le bail à ferme était faite par les officiers de la gruerie d'Arlon.
Ce moulin banal se composait d'un moulin à eau avec un logement pour le meunier, de petites écuries et d'une scierie adjacente.

 

 le moulin du Marache vers 1903

 

  

 

A l'époque française, le gouvernement mit en vente les biens ecclésiastiques.
C'est le 16 nivôse an V, c'est à dire le 6 décembre 1796, que les onze seizièmes du moulin "ci-devant banal" de Saint-Léger que possédait l'abbaye d'Orval furent vendus et adjugés au citoyen Beuvière de Charleville pour la somme de huit mille francs. La part du gouvernement autrichien avait déjà été achetée par le meunier, François Musquin.
Ce moulin, couvert d'ardoises, comportait quatre places au premier étage, c'est à dire une cuisine, un poêle et deux chambres, non compris une cave, une dépense et l'emplacement de deux tournants. La scierie adjacente, avec ses outils, appartenait dèjà au meunier qui avait ajouté, construites sur son propre terrain, une bûcherie et une chambre à four. Ces derniers bâtiments étaient couverts de pierres plates.

Quelques années plus tard, le moulin du Marache fut acheté par Pierre-François Vériter, meunier et brasseur. Celui-ci, né à Sivry, mais venu tout jeune à Saint-Léger, où naquirent ses frères et soeurs, possédait aussi la brasserie voisine, située au bas de la ruelle qui descend de l'arcade. Ce bâtiment, aujourd'hui disparu, a eu comme derniers propriétaires les époux André Robert et Rosa Clément. Mais avant 1832 Pierre-François Vériter avait vendu ses usines de Saint-Léger pour acheter une ferme à Fratin où il est mort en 1840.

 

 

Le moulin du Marache fut acquis par Jean-Joseph Pierron qui ajouta une huilerie à son usine.
Mis en vente en 1857, ce moulin fut acheté par Jean-Baptiste Clément, dont les frères avaient construit en 1848 un autre moulin au Pachy sur la route de Virton. Jean-Baptiste Clément avait d'abord exploité une auberge qu'il avait vendue en 1854, pour louer à la veuve Gillet les bâtiments de la Demoiselle, qui avaient abrité pendant quatre ans la faïencerie Fossion. Il y avait installé un moulin à farine, une huilerie et une foulerie. Mais il avait trois fils ; deux de ceux-ci exercèrent aussi le métier de meunier : Gaspard au Marache et Jacques à la Demoiselle. Gaspard abandonna la profession de meunier pour celle de cultivateur et les bâtiments du Marache furent vendus à Joseph Bruon qui conserva la scierie mais n'exploita plus le moulin et installa un atelier mécanique. Quant à Jacques Clément, il hérita du moulin de la rue de Virton construit par ses oncles, le moulin de la Demoiselle ayant été acheté par Théophile Péchon.

En 1913, Joseph Bruon quitta Saint-Léger avec sa famille pour s'établir en France. Jules Reizer acheta les bâtiments et remplaça l'atelier de mécanique par un atelier de menuiserie et un magasin de meubles. Il installa un nouveau haut-fer dans la scierie. Il produisit aussi de l'électricité pour le village pendant quelques années, jusqu'en 1923.

Après la guerre de 1940, c'est son fils Robert Reizer et son gendre René Guelff qui continuèrent à exploiter la scierie. Jusqu'en 1956, celle-ci fut activée par l'eau du canal, ensuite ce fut par un moteur électrique. Après le décès de son beau-frère, Robert Reizer continua à travailler à la scierie jusqu'en 1984.

Cette année-là, les bâtiments furent achetés par Eric Bouvy. Ce dernier utilisa encore la scierie du Marache jusqu'en janvier 1988 avant de transférer cette activité dans de nouvelles installations à la rue d'Arlon. Aujourd'hui, l'ancien moulin du Marache abrite son atelier de menuiserie.

 

 

Source : Julien Rongvaux in "Le Gletton, mensuel de la Gaume et d'autres collines" - n° 280-281 - juillet/août 1999

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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