RÉCIS STATISTIQUE DU CANTON DE IBÉCOURT (1839)

M. Graves (extraits)

 

 

Louis Graves (1791-1857) fut longtemps secrétaire général de la préfecture de l’Oise. Il en étudia la flore et s’intéressa également à ses dépôts archéologiques.
"Précis statistique sur le canton de Ribécourt" - in Annuaire de l´Oise - 1839
:

 

SAINT-LÉGER-AUX-BOIS, Saint-Léger-en-Laigue, Saint-Légier, La Chanvrière en 1794 (Sanctus Leodegarius in Bosco), vers la limite orientale, entre Le Plessis-Brion, Montmacq à l'ouest, Pimprez, Bailly au nord, Tracy-le-Mont du canton d'Attichy à l'est.

Cette commune, située dans la vallée de l'Oise, est limitée au nord par la rivière, et couverte dans les trois quarts de son territoire par la forêt de Laigue.

 

carte de 1839

 

Le village, à peu près central, touche à la forêt de deux côtés ; il comprend une longue et large rue avec plusieurs ruelles accessoires, et une place dite des Usages ; le hameau du Quenezil, autrefois distinct, au midi de Saint-Léger, y tient maintenant sans discontinuité.

Ce lieu est appelé Harbaudianisva dans la délimitation des diocèses de Noyon et de Soissons, faite en 814 au synode de Noyon. (1)
Philippe l y fonda en 1083 une communauté de religieux qui donna son nom au pays. Le territoire dépendait, à ce qu'on croit, de la paroisse de Thourotte, qui avait alors une juridiction étendue dans la vallée de l'Oise. Lorsqu'au treizième siècle le Plessis-Brion fut détaché de Thourotte pour former une cure distincte, Saint-Léger fut compris dans la nouvelle paroisse, mais les religieux eurent la présentation au bénéfice qui n'était regardé que comme une de leurs annexes. L'ordre de Grammont conserva cet établissement jusqu'en 1624, où il fut réduit en prieuré simple par Louis XIII en faveur de Michel Delarche, son aumônier. Un décret de M. de Fitz-James, évêque de Soissons du quinze janvier 1749, le réunit au séminaire de ce diocèse, et l'on créa pour Saint-Léger-aux-Bois une cure nouvelle avec un vicariat, le tout à la collation de l'évêque.

L'ancien prieuré avait haute, moyenne et basse justice.
Avant la réunion, le chœur de l'église dédié à saint Léger était au prieuré ; la nef consacrée à saint Jean-Baptiste servait de paroisse.
L'église devenue succursale a conservé ce deuxième patron.

Cet édifice, bâti en 1083, appartient à l'école romane pure. Le portail à plein-cintre est entouré d'un ruban en damier. Au-dessus est pratiquée une large fenêtre dont l'arcade ornée de rayons est dessinée par un gros boudin appuyant sur des colonnettes trapues. Un ruban pareil à celui du portail traverse la façade en passant au-dessus de la fenêtre. La nef à des baies à plein-cintre, des contreforts collés, une corniche remarquable de moulures ondulées se continuant sur les transepts et sur l'abside dessinée en hémicycle. Le côté méridional de la nef et le clocher, central, couvert d'ardoises, ont été reconstruits en 1602 ; le latéral de droite est de 1789. La travée centrale est voûtée à plein-cintre avec pilastres à corniche profilée en biseau chargée d'enrouements.

L'enclos de l'ancien prieuré tient à l'église, mais un vaste étang qui en dépendait a été desséché.
Une fontaine voisine, dédiée à saint Léger, donnait lieu autrefois à un pèlerinage réputé pour la guérison des maux d'yeux.

Le hameau de Flandre, qui comprend dix maisons, est an nord du chef-lieu.
La Tuilerie est un écart au bord de l'Oise, à l'ouest de Flandre.
La ferme de Taillepied, autre écart, touche à la limite vers Montmacq.
La rue des Demoiselles, hameau de vingt feux, est à l'ouest, et très près de Saint-Léger.

Il y a un bac sur l'Oise, devant Flandre.
La commune a une école, quelques setiers de terre à l'état de marais et de prairies, un arpent et demi de terres labourables.
Le cimetière tenant à l'église est fermé de haies vives.
Il y a une tuilerie et deux moulins à eau dans l'étendue du pays.

Les habitants sont occupés à la culture du chanvre et à l'exploitation de la forêt de Laigue.

 

carte de 1839

 

Contenances :

  • Terres labourables : 165 h. 59,85
  • Jardins potagers : 10 h. 27
  • Bois : 582 h. 67,80
  • Vergers, pépinières : 4 h. 35,45
  • Prés : 42 h. 66,50
  • Pâtures : 4 h. 05,50
  • Marais : 2 h. 79,05
  • Eaux : 7 h. 19,80
  • Routes, chemins et places : 7 h. 33,50
  • Propriétés bâties : 4 h. 17,15
  • Total : 831h. 11,60

 

Distances :

  • de Ribécourt : 6 kil.
  • de Compiègne : 1 myr. 6 kil.(2)
  • de Beauvais : 9 myr. 1 kil. (2)

Marchés : Noyon, Compiègne, Attichy
Bureau poste : Ribécourt
Population : 797
Nombre de maisons : 202
Revenus communaux, 307 Fr.

(1) En 814, année de la mort de Charlemagne, un concile se tient à Noyon pour délimiter les frontières entre l'évêché de Soissons et celui de Noyon.
Il est alors décidé que les villages de Varesnes, Cuts, Tracy, Ourscamp et Saint-Leger-aux-Bois seront dorénavant rattachés à l'évêché de Noyon.
Plus tard, Saint-Léger aux Bois sera rattaché au diosèce de Soissons.

(2) myriamètre : ancienne unité de mesure de longueur, valant 10 000 mètres, soit 10 km. La distance de Compiègne est donc de 16 km.

 

 

 

SAINT LEGER AUX BOIS : UNE ONGUE HISTOIRE

Bulletin municipal de St Léger aux Bois
décembre 1996

 

 

 

St Léger aux Bois a été fondé sur des terres appartenant aux rois mérovingiens, à l'emplacement d'un ancien rendez-vous de chasse. Philippe Ier y fonda, en 1083, une communauté de religieux qui donna son nom au pays.
Au XVIIe siècle, l'abbaye est confiée aux Grandmontains, et devient, en 1749, l'annexe du Grand Séminaire de Noyon.
Tout près de l'église se trouvait une fontaine, dédiée à saint Léger, dont on disait que l'eau guérissait les maladies d'yeux. On s'y rendait en pèlerinage.
A la Révolution, l'abbaye devint "la Chanutière" et le village prit le nom de "Chanvrière", car on y cultivait principalement le chanvre.

 

 

 

L'église de St Léger aux Bois, bâtie comme église du prieuré fondé en 1083 en lisière nord de la forêt de Laigue, est l'une des rares églises romanes de la région à n'avoir subi que des modifications peu profondes.
Miraculeusement épargnée, pour l'essentiel, par la guerre, c'est l'un des monuments les plus représentatifs de l'architecture du XIe siècle dans le bassin supérieur de l'Oise.
Elle est de belle construction à pierres d'appareil de l'époque romane primitif.
Sans jamais perdre l'unité de son style, elle connut quelques modifications, agrandissements ou restaurations.
Le côté méridional de la nef et le clocher central, couvert d'ardoises, ont été reconstruits en 1602 ; le latéral de droite est de 1789. 

 

 

Le clocher, qui contient 4 cloches, est du XVIe siècle.
A l'intérieur, on peut remarquer plusieurs belles statues de bois : une Vierge à l'enfant, polychrome du XVIe, en haut de la nef centrale, à droite ; un saint évêque en bois du XVIe, dans le bas-côté gauche ; et un saint Sébastien, également du XVIe.
Il faut admirer, dans la nef centrale, un très beau crucifix en bois, de la même époque.
Le chemin de croix, du XIXe, est loin d'être sans intérêt ; il doit être restauré.

Les vitraux sont de Jean Grubert. Ils représentent, sur la façade, au-dessus de la tribune : saint Michel terrassant le dragon ; plus bas, l'Agneau Pascal ; dans le choeur : saint Jean l'Evangéliste au pied de la Croix ; à droite : la décollation de saint Jean-Baptiste.

 

fenêtre au-dessus du portail
façade ouest de l'église de St Léger aux Bois

 

Actuellement, l'église est en très mauvais état : son âge et l'humidité en sont la cause.
Mais sa restauration a été décidée en 1989, par le conseil municipal.
Depuis, tous les vitraux ont été restaurés. Toutes les statues de valeur ont été mises hors vol.
En 1992, la toiture a été refaite, 1995 a vu la pose des gouttières, ainsi que le drainage du pourtour de l'édifice.
L'intérieur a été totalement nettoyé en 1996.

L'église de St Léger aux Bois est classée Monument Historique par arrêté du 30 décembre 1913.

Une association des "Amis de l'église de St Léger aux Bois" existe depuis le 13 octobre 1989.
Son siège social est situé à la mairie de St Léger 03 44 75 24 09.

 

 

 

9 SIÈCLES D'ISTOIRE

Page publiée par l'Association de Sauvegarde de l'église en 2002

 

 

Saint Léger aux Bois se situe dans la vallée de l'Oise, sur un des axes majeurs de l'espace français et européen, l'axe de communication reliant Paris à Lille, à Londres, au Bénélux, à égale distance (12 km environ) de 2 agglomérations promises à un développement économique certain, Compiègne et Noyon.
A cet environnement économique favorable s'ajoute un environnement touristique très appréciable. Saint Léger est au coeur de forêts domaniales aménagées depuis des siècles pour la chasse et les promenades.
Aux joies de la forêt s'ajoutent plusieurs étangs propices à la pêche. Les 700 Saint-Giotains disposent de 830 hectares, dont 75% sont boisés. Le village est situé entre l'Oise et la bordure nord de la forêt de Laigue.

Saint Léger aux Bois est d'abord à l'origine une maison de chasse des rois mérovingiens. En l'an 814, l'évêque de Reims tint un synode en la cathédrale de Noyon. Il fut évoqué le différend qui s'était élevé entre les évêques de Noyon et de Soissons au sujet des limites de leurs diocèses. Il fut décidé que Saint Léger aux Bois appartiendrait au diocèse de Noyon.
En 1083, le roi de France Philippe Ier, arrière-petit-fils d'Hugues Capet, fait don de la terre de Saint Léger aux Bois aux religieux de l'abbaye de Sauve-Majeur (Gironde). Cette donation prouve que notre village était jusqu'alors une pièce du domaine royal.
Le roi donne aux moines les dîmes, l'autel, une vigne, l'exercice total de la justice et l'usage de la forêt. Ainsi s'établit un prieuré sous le titre de Saint Léger aux Bois. L'abbé de Sauve-Majeur fait construire des bâtiments et une église en pierre d'appareil de pur style roman. La construction d'un tel édifice est bien la manifestation dans le paysage du dynamisme tant spirituel qu'économique de cette communauté.

 

l'église romane de St Léger aux Bois - carte signée M. Féron

 

Le prieuré amasse des biens considérables qu'il sait mettre en valeur. De nouvelles donations sont faites par les rois et les seigneurs de la région. En 1108, le Roi Philippe 1er accorde le droit au prieuré de défricher des bois dans la forêt de Laigue. En 1190, le Pape Célestin III conforte à l'abbaye toutes ses possessions.
Parce qu'il représente un enjeu économique important, le prieuré change à plusieurs reprises de bénéficiaires, ainsi celui-ci passe :

Notre église est l'une des rares églises romanes à n'avoir subi que des modifications peu profondes. C'est l'un des monuments les plus représentatifs de l'architecture du XIe siècle. Toutefois, sans jamais perdre l'unité de son style, elle a tout de même connu quelques modifications, agrandissements ou restaurations depuis sa construction à la fin du Xle siècle. A cette époque, le mécène n'est autre que le roi de France lui-même.
Au cours de ses 9 siècles d'existence, notre église n'a pas reçu l'entretien attentionné de certaines générations. Elle souffre d'un état de délabrement grave, l'humidité est oppressante. Si rien n'est fait, qui sait si cette église, classée monument historique, aura la chance de fêter son millénaire ?

 

 

C'est pourquoi est née l'Association des Amis de l'Eglise en 1989. Nous avons une philosophie : rassembler tous ceux qui, croyants ou non croyants, ont conscience de leur devoir de sauvegarder, de transmettre, un patrimoine spirituel, historique et culturel inestimable. Selon nous, une église abandonnée équivaut à mettre en friche une partie de notre identité. C'est un peu de nous-mêmes que l'on abandonne. La restauration de ce monument, c'est notre histoire, notre mémoire.
Ainsi, animés par cette philosophie et son dynamisme, l'association emploie tous ses moyens au service de son ambition :
"La vie de Saint Léger aux Bois s'est organisée autour de l'église, organisons-nous autour d'elle pour lui sauver la vie".

Pour l'Association des Amis de l'Eglise
60 170 St Léger aux Bois
La Présidente, Mme Etiennette Vasseur

 

graffitis datant de la Grande Guerre, sur les murs du clocher

 

 

 

 

 

 

image en partie "nettoyée"

 


le site des amis de l'église ici
http://eglise.saint-leger-aux-bois.org

 

 

St Léger aux Bois 1939-1945

anecdotes sur le village

une partie de choule ...en picard !

erci de fermer l'agrandissement sinon.    

 

 

https://www.stleger.info