L'orphelinat
(dans la
maison de Clément Lecoufle, au village Yver)
"Une carte postale
ancienne, probablement des années 1914/1918, a
été éditée par Puel, photographe bien
connu des collectionneurs.
Le titre donné : "Villa
Thérèse-Françoise" n'a pas pu trouver
d'explications, mais le terme "villa" peut faire penser que ce nom
lui fut donné après le décès de
Clément Lecoufle et de sa femme.
Fut-elle mise en location pendant un temps pour des vacanciers
à la Belle Epoque ? Nous n'avons trouvé aucun
renseignement à ce sujet.
Cet orphelinat avait été créé en 1897 par
des surs augustines au n°3 de la rue Notre-Dame à
Montmorency : il recueillait gratuitement des orphelines, les
instruisant, leur apprenant à coudre, à faire du
ménage comme cela se faisait dans beaucoup d'ouvroirs à
cette époque.
La communauté fut dissoute par la loi de 1905 et une
religieuse, Mlle Marie Le Luyer, en religion sur Paul-Marie, ne
pouvant se résoudre à abandonner ces jeunes filles,
décida de se séculariser (de quitter les ordres). Il y
avait alors 35 orphelines âgées de 2 ans à 14
ans.
Avec ses deniers personnels et l'aide d'âmes charitables
(dit-on), elle racheta la maison de son uvre qui venait
d'être confisquée et mit toute son énergie pour
continuer de faire fonctionner cet orphelinat à Montmorency
qu'elle nomma "les Petites Marthes".
Cette photographie
devant la maison construite par M. Lecoufle, maire de Saint
Léger (prêtée ou louée par sa famille),
présente les jeunes filles orphelines qui
séjournèrent pendant la guerre de 1914/1918 à
Saint Léger (...)"

ancien orphelinat
tenu par des religieuses


source : Archives
Départementales de la Manche
"(...) Qui
était Marie Le Luyer ?
Elle était née à Paris en 1858, dans une famille
d'origine bretonne, elle avait donc une cinquantaine
d'années.
photographie
présumée de Marie Le Luyer
En 1906, elle
accueillait 30 filles ayant de 6 à 18 ans et en 1911 il y en
avait 52. Les jeunes femmes qui travaillaient avec elle venaient
des quatre coins de France et se disaient "des amies" dans les
recensements faits à cette époque à Montmorency.
Certaines vinrent sans doute à Saint Léger en voici
leurs noms : Marie Beaugendre, Marie Poggi, Camille Richard,
Félicie Pothier, Marguerite Jampy, Wilhemine Wartmann, Marie
Girard. Elles étaient originaires d'Allemagne, de Lille,
Tarbes, de la Drôme, de Paris et de l'Isère.
Il y avait aussi une institutrice, Eugénie Mouret, et des
employées, Augustine Bousson et Briotte Nelly. La plupart
avaient une trentaine d'années.
Marie Le Luyer
pour son orphelinat avait reçu le prix Montyon par
l'Académie Française en 1907 et un discours de Maurice
Barrès en séance publique salua le travail accompli par
elle, il lui fut attribué une somme de 3000 frs dont elle eut
sans nul doute l'emploi immédiat.
Elle devait régulièrement trouver les moyens d'assurer
le fonctionnement de l'orphelinat en voici un exemple
:
L'orphelinat
arriva à Saint Léger un peu avant la guerre de
1914/1918. Marie Le Luyer avait une sur, Alice, qui vint
avec elle et qui chantait à merveille à
l'église, d'après le témoignage de Germaine
Lefrant, une habitante de Saint Léger. Elle circulait avec un
break attelé à un cheval blanc.
Les deux cartes
qui suivent ont été écrites par des orphelines
en arrivant à Saint Léger :
Nous ne
résistons pas au plaisir d'illustrer l'arrivée de ces
jeunes orphelines par le témoignage que deux d'entre elles
adressèrent avec les cartes postales précédentes
à leurs amies.
Comme on peut le lire, le dépaysement dut, pour certaines
d'entre elles, être difficile. Même si elles
reconnaissaient la beauté du lieu, elles se retrouvaient dans
une campagne qu'elles ne connaissaient pas, peuplée de gens
simples qui vivaient une vie de labeur sans confort ni loisirs.
Pourtant ces
années passées à Saint Léger
amenèrent certaines des jeunes filles à
fréquenter des jeunes gens de la commune et, après la
guerre, des mariages eurent lieu. Ainsi les deux frères
Encoignard, Jean et Adolphe, épousèrent les deux
surs Lucienne et Marguerite Demuer en 1920, qui avaient
été pensionnaires de l'orphelinat. Jean vécut un
temps avec sa femme à la Huberdière avant d'habiter
à Saint Jean des Champs, et Adolphe partit avec son
épouse travailler à Paris où ils tinrent une
épicerie. Lors de leurs mariages était témoin
Alice Le Luyer.
Henriette Macaire, également pensionnaire, resta vivre
à Saint Léger comme brodeuse, avec l'institutrice
Madame Chesnel comme dame de compagnie.
Anna Corbin, une autre pensionnaire, née en 1898 à
Paris, décéda à Saint Léger le 22 janvier
1917.
1941 -
photographie prise devant le café-épicerie Encoignard
à Saint Léger, pour les 50 ans de mariage de Adolphe et
Angèle Encoignard
Toute la famille est présente : les enfants Jean, Maurice,
Adolphe et Marguerite avec leurs conjoints dont les surs
Demuer.
L'orphelinat
quitta Saint Léger au cours de l'année 1920 et regagna
Montmorency. Marie Le Luyer mourut le 27 avril 1923 à
Montmorency, comme l'indique ce faire-part :
Les "Petites
Marthes" ne survécurent pas à celle qui créa cet
orphelinat à Montmorency, et dans les années 1930
l'orphelinat devint une maison de convalescence, puis de nos jours
c'est une maison de retraite."
Patrick
Lahuppe - 2025
Le
café-épicerie Encoignard
"Ce lieu a pris ce
nom en raison de la famille Encoignard qui l'habitait à la
toute fin du 19e.
Le patronyme "Encoignard" est ancien dans notre région et il a
existé à la même époque deux familles
à Saint Léger qui, portant ce nom de famille,
n'étaient pourtant pas liées entre elles et venaient de
communes différentes.
Celle qui donna son nom à ce café-épicerie
autour de 1900 était celle d'un couple : Adolphe Encoignard et
sa femme Angèle Laloi.
Adolphe, né en 1866 à Saint Léger, fit plusieurs
métiers dont employé de chemin de fer, le ramassage du
lait pour la laiterie de l'abbaye de la Lucerne, cultivateur et avec
sa femme Angèle Laloi épousée en 1891.
Ils s'installèrent en 1894 à Saint Léger sur la
ferme des Landes. A côté existait un commerce et
débit de boissons qu'Adolphe et sa femme reprirent vers
1900? Ce débit fonctionna jusqu'à la fin des
années 1940 (...)
le
bar-épicerie Encoignard - carte datée de 1913
au centre Angèle Laloi avec à sa droite probablement
son fils Maurice, 7 ans environ et, assis, son mari

le
bar-épicerie Encoignard - carte antérieure à
1913
(...) Adolphe et
Angèle eurent quatre enfants : Jean, Adolphe, Marguerite et
Maurice, tous nés aux Landes à Saint Léger.
Le café-épicerie Encoignard fut un endroit où
les gens se rencontraient, échangeaient des nouvelles,
négociaient des marchés ou des acquisitions,
c'était aussi le rendez-vous après la messe dominicale.
Les femmes y achetaient les choses que l'on ne produisait pas sur les
fermes, comme le café et autres denrées, les enfants
quelques bonbons. On y jouait aux cartes ou aux dominos, des concours
de tir y étaient organisés, on y vendait les cartes de
pêche, bref un endroit où se tissait du lien social. Ce
commerce était certainement l'endroit avec le moulin où
l'on aimait aller pour apprendre et partager."
1941 -
photographie prise devant le café-épicerie Encoignard
à Saint Léger, pour les 50 ans de mariage de Adolphe et
Angèle Encoignard
Toute la famille est présente : les enfants Jean, Maurice,
Adolphe et Marguerite avec leurs conjoints dont les surs
Demuer.
Patrick
Lahuppe - 2025
 
istoires
de poules à
Saint-Léger13
  
articles de L'Ouest-Eclair
- ci-dessous
en date du 14 décembre 1908

- ci-contre
en date du 25 septembre 1931
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Le
moulin de Vaucelle
vers 1907 - le
moulin de Vaucelles, situé sur la commune de St
Léger,
à l'orée de la forêt de la Lucerne, à
quelque 300 mètres de l'abbaye - photographie prise par Jean
Puel
"Situé
à l'extrémité de la commune en limite de Saint
Ursin et de la Lucerne d'Outremer, dans un site
fréquenté de nos jours par de très nombreux
promeneurs, le moulin existe depuis le XIe siècle, ce qui est
exceptionnel dans la Manche et les départements voisins.
Il fut probablement construit par un membre de la famille Patry
(Patric) pendant les troubles survenus à la mort de Guillaume
le Conquérant et la guerre civile entre les partisans de deux
de ses fils.
Ce Guillaume Patry avait usurpé la terre qui appartenait aux
moines du Mont Saint Michel et qu'ils cédèrent par la
suite au seigneur de Saint Jean. Le cartulaire de l'abbaye du Mont
mentionne Guillaume Patric et un moulin qu'il fit "per vim",
c'est-à-dire par violence sur une terre qu'il possédait
à tort.
Le premier moulin
à cette époque fut sans aucun doute construit en bois
comme celui de Guédelon :
La famille Lahuppe
arriva vers 1779 à Saint Léger. Louis Lahuppe
remit en état le moulin de Vaucelle et le modernisa. C'est lui
très probablement qui fit remplacer les deux roues à
augets en une seule, beaucoup plus grande, de plus de 5 mètres
de diamètre.
Louis Lahuppe son fils épousa sa cousine Françoise
Lahuppe, ils eurent six enfants dont l'aîné
appelé aussi Louis fut curé de la Beslière
pendant près de 45 ans.
Le plus jeune des fils, Théodore, fut meunier à son
tour, pendant une vingtaine d'années mais mourut jeune, ainsi
que sa femme quelques mois plus tard. Ils laissaient quatre enfants
mineurs qui furent mis sous la tutelle de leur oncle curé.
L'aîné de ces enfants nommé Louis Lahuppe reprit
l'exploitation du moulin vers 1876.
Pendant la minorité de ce dernier, le curé Lahuppe loua
le moulin à Léonor Gestel, meunier qui lui aussi
décéda après quelques années,
peut-être d'accident.
Louis Lahuppe, meunier comme son père et son
grand-père, devint conseiller municipal de Saint Léger,
comme eux. Il ne se maria pas, vécut sa vie durant avec sa
plus jeune sur et éleva le fils de cette dernière
nommé Prosper Lahuppe.
Louis Lahuppe mourut en 1912 et Prosper Lahuppe, son neveu et
filleul, lui succéda comme meunier. Il se maria avec Marie
Lelandais.
le moulin vers
1910
Prosper et Marie
Lelandais, les derniers meuniers de Saint
Léger
Ils
exploitèrent le moulin jusqu'en 1934, date à laquelle
ils partirent exploiter une ferme à Equilly. Le moulin avait
cessé de moudre en 1934, il était devenu une petite
ferme avec un peu plus de deux hectares de terres de mauvaise
qualité. Après leur départ, il fut loué
à une famille Gauthier puis il servit au début de la
guerre en 1940 à héberger des réfugiés
puis de nouveau loué en 1941 à la famille Frault qui
finit par l'acheter en 1951.
Elle vendit
à son tour le moulin en 1963 et ses terres à
l'abbé Lelégard qui voulait éviter la
création d'une éventuelle boîte de nuit
L'abbé conserva les terres mais revendit le jour même
à M. et Mme Debret, pharmaciens de Sartilly, les
bâtiments avec 2000 m². La boulangerie fut
conservée par la famille Frault.
Patrick Lahuppe
racheta en 2005 les ruines et une association de sauvegarde fut
constituée qui commença de les restaurer.
Patrick Lahuppe
acheta l'un après l'autre tous les morceaux de terre qui
avaient été démembrés en 1963, et en 2023
fut reconstitué l'ensemble du moulin et des terres qui le
composaient avant la Révolution.
le moulin en avril
1965, avant sa ruine complète
La partie entre
les bâtiments qui était la charreterie s'était
déjà effondrée. On peut apercevoir à
gauche une partie de la boulangerie qui a été
restaurée de 2021 à 2023 et qui a reçu un prix
national des "Maisons Paysannes de France."
Depuis 2005 donc,
le moulin est possédé de nouveau par la famille Lahuppe
qui a créé une association de sauvegarde
destinée à le restaurer et à préserver
son environnement. A ce jour, en 2024, La famille Lahuppe a donc
possédé le moulin de Vaucelles pendant presque 200 ans.
Un environnement
hostile il y a presque deux siècles :
Le moulin se situe
au bord du bois de Saint Ursin et de la Lucerne au fond d'une
vallée elle-même boisée et, si de nos jours le
lieu est fréquenté par de nombreux promeneurs, à
l'arrivée de la famille Lahuppe vers 1778, il y avait encore
des loups. D'ailleurs, fusil et pièges sont bien
présents dans l'inventaire effectué en 1845 au
moulin.
Dans le journal
d'Avranches de 1843, on parle d'une louve qui pendant dix ans a fait
de grands ravages dans la contrée et qui vient de succomber en
la commune du Loreur. En février 1843, deux loups font
irruption dans le canton de la Haye-Pesnel et tuent un cheval et deux
moutons à la Lucerne. Un dernier loup aurait été
tué dans les bois de Saint Ursin à cette
époque."
le moulin en
janvier 2026 - cliquez sur l'image pour un
agrandissement

le moulin en
janvier 2026 - cliquez sur l'image pour un
agrandissement
Patrick
Lahuppe
St Jean des Champs
- la route de Granville à nouveau
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des
photos de classe
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les
croix de St Léger
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"J'étais
fermière à
Chausey"
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vues récentes du village
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Trith
St Léger (Nord) en balade
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2014
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erci
de fermer l'agrandissement sinon.
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