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Liguaire - la
oussille
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St Liguaire - les portes de la Roussille

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Portes de la "RouSille" ici...

la chamoiserie - carte écrite le 7 septembre 1908


1969
Leau était
indispensable aux diverses étapes de
préparation des peaux, pour la trempe, le
dégorgeage du surplus dhuile de poisson et le
dégraissage. A la fin du XIXe siècle et au
début du siècle suivant, cette activité
se réorganisa en se concentrant et en se
mécanisant.
La navigabilité de cette rivière, qui
permettait le transport des matières premières
et des huiles des pêcheries depuis le littoral - peaux
importées du Canada et huile de poisson de
Terre-Neuve - a également contribué pour une
grande part à cette spécialisation.



le moulin de la Roussille

1897 - vente du moulin neuf de la Roussille
début XXe -
vue sur l'ancienne passerelle tournante - en arrière-plan,
l'auberge de Pierre Giraud (1865-1947)
lui et son épouse Mélanie furent aubergistes à
la Roussille au tout début du XXe, pendant plus de quinze
ans
En 1911, un
événement révèle
lutilité essentielle de ces moyens de
traversée de la Sèvre qui assurent le rythme
de vie des habitants, voisins de lécluse de la
Roussille. Le témoignage de cette époque est
relevé en patois, langage le plus courant dans cette
région. Ce langage, le patois, est surtout un moyen
de communication orale, le traduire par écrit
nest donc quune approximation sur
lorthographe et la grammaire. NB : en
2021, les écluses de Niort, et notamment celle de la
Roussille, ont été estaurées.
Un système de passerelle à rotation
était principalement utilisé pour la
traversée et manipulé par le garde de la
rivière.

Figuré
vous que thié jous o l'a passé pre la
tâte à ine houme de thielle endret de barra le
passage et vlan, le nous piante deux poteaux chaque bout
daux passerelles étabyies sur la Seuvre. O m'a
bé été dit que lo n'avez poué le
dret de les mattre voure l'étiant, pisque le terrain
n'appartein poué à l'administration, mais o
fez rhein, olé poué ce thyi le gène.
Enfin,
n'importe, jusqu'ithyi o navet core que de la malice, mais
velà que les affouères allant se
gâté. L'a
rapporte thieu au garde do l'équiuse, thi li a dit
que pisque le mère s'en occupet, le pouvet passa sa
gement bianche jusqu'à la répinse dau
mère thyi pouvet duré deux jous, pe
tètre quatre ou six jous mouème. Quant
Giru entendit thieu, les bras li cheulliran le lin dau cor
et thière s'en est falu, tant l'émotien
étet forte, que le fisse un fau pas de travers et que
le cheuillisse dan le bassin. Pre suite
de l'affère, Giru informit le mère de son
procé. Le prenit daux informations et le fasit dire
pre son garde o Matadaure de la Rousseille que les animas
à quatre pattes passiriant jusqu'à nouvel
ordre su les passerelles en atteindont, sans doute, ine
enquète, chouse thi oret du se fourère avant
tout. Mais va
te fouère lanlaire, le répindit que le n'avet
poué d'ordres à recevouère dau
mère et, su thieu, fremit compiètement le
passage en tournant la passerelle quié su le bassin ;
de thielle afère toute communicatien étet
arétaille et les mindes de la Rousseuille
étians preusque prisounè ché eux, le ne
pouvians ni douna à la laiteri, ni recevouère
le produit de laux vaches. Le pi de
tout étet la neut de tiétant qu'o fouèt
si nègre, thié qui saviant poué que la
passerelle étet tournaille, peuvians arriva pre passa
et cheure dans l'ève, de mouème qu'o
peuvèt en arrivé autont en passant su les
portes, car olé dongéreu la neut. En
attendont, Giru a tout de mouème attrapa son
affouère, mais si o se juge, y ont queneu yin qui se
fera lava la tâte ; y cret bé que thiau jou les
rieures ne serant poué de san coûta.
Il faut que je vous conte en petit ce qui se passe chez
nous. Le petit village de la Roussille est en
révolution.
Figurez-vous que ces jours il a passé par la
tête dun homme de cet endroit de barrer le
passage et vlan, il nous plante deux poteaux à chaque
bout des deux passerelles établies sur la
Sèvre.
Y set poué si l'avez été
quemandé d'au fère, mais en tout cas le
mère de la commune n'en savet rhein et peurtant y
creit que le devret ètre informa le premè
quant in chemouin se barre.
On ma bien été dit quil nen
avait point le droit de les mettre où elles
étaient, puisque le terrain nappartenait point
à ladministration, mais cela fait rien, cela
nest pas ce qui le gêne.
Je ne sais pas sil lui avait commandé de le
faire mais en tout cas, le maire de la commune nen
savait rien et pourtant je crois quil devrait
être informé le premier quand un chemin est
fermé.
Pierre Giru, thi tein l'auberge daux Portes de la
Rousseuille, avet l'habitude de passé sa jhument
bianche en thielle passerelle pre allé fère
chaque matin son service de journos, quant l'a vu que le
passage étet bouché, l'a
réquiâmé à la mérie, et
mossieu le mére l'y a dit que le s'en occuperet.
Enfin, peu importe, jusquici il navait
encore que la malice, mais voilà que les affaires
allaient se gâter.
Pierre Giraud, qui tient lauberge des portes de la
Roussille, avait lhabitude de passer sa jument blanche
sur cette passerelle pour aller faire chaque matin son
service de distribution de journaux, quand il a vu que le
passage était bouché, il a
réclamé à la mairie, et monsieur le
maire lui a dit quil sen occuperait.
Thiau povre Giru, sans méfiance, passa le lendemoin
matin su la passerelle queume d'habitude pisque le garde
l'avet autorisa.
Au retour et en arrivant devant la porte à cond ami
le li dounit son jeurnal queume d'habitude, pi le veli passa
sur la passerelle tournante pre rentra cheu li ; mais
ouitche ! le se trouvit le pe pri dan le piège. Vela
que le potentat li dissit d'arréta et li dressit
procès-verbal.
Il a rapporté cela au garde de
lécluse qui lui a dit que puisque le maire
sen occupait, il pouvait faire passer sa jument
blanche jusquà la réponse du maire qui
pouvait durer deux jours, peut-être quatre ou six
jours même.
Ce pauvre Giraud, sans méfiance, passa le lendemain
matin sur la passerelle comme dhabitude puisque le
maire lavait autorisé.
Au retour, et en arrivant devant la porte à cet ami,
il lui donne son journal comme dhabitude, puis il
voulut passer sur la passerelle tournante pour rentrer chez
lui ; mais ouille ! Il se trouva le pied pris dans le
piège. Voilà que le potentat lui dressa un
procès-verbal.
Crayé-vous qu'o felet en avouère in thiulot
pre agir queume o la fouait le garde ?
Quand Giraud entendit cela, les bras lui
tombèrent le long du corps et guère sen
est fallut, tant lémotion était forte,
quil fisse un faut pas de travers et quil
tombât dans le bassin.
Croyez-vous quil fallait en avoir un culot pour agir
comme le fit le garde ?
Pour la suite de laffaire, Giraud informa le maire
de son procès. Il lui promit des informations et il
fit dire par son garde au "Matador" de la Roussille que les
animaux à quatre pattes passeraient
jusquà nouvel ordre sur les passerelles en
attendant, sans doute un enquête, chose qui aurait
dû se faire avant tout.
De mouème que tous thié thyi avians besin de
passa ine brouette étians de la revue.
Mais va te faire lanlaire, le garde de la rivière lui
répondit quil navait pas dordres
à recevoir du maire et, sur ce, ferma
complètement le passage en tournant la passerelle qui
est sur la bassin ; de cette affaire, toute communication
était arrêtée et le monde de la
Roussille était presque prisonnier chez eux, ils ne
pouvaient ni donner à la laiterie, ni recevoir le
produit de leurs vaches.
De même que tous ceux qui avaient besoin de passer une
brouette étaient de la revue.
Qui arèt velu en accepta la respansabilité
après ? Parsoune sans doute.
Thieu ne pouvet poué dura, aussi la bé remit
la passerelle après le passage de yin de ses
chefs.
Le pire de tout était la nuit, en ce temps
quil fait si noir, ceux qui ne savent point que le
passerelle était tournée, peuvent arriver pour
passer et tomber dans leau, de même quil
peut en arriver autant en passant par les portes, car
cest dangereux la nuit.
Qui aurait voulu en accepter la responsabilité
après ? Personne sans doute.
Cela ne pouvait point durer, aussi il a bien remis la
passerelle après le passage de lun de ses
chefs.
Le pu bê de l'affouère, olé que le garde
de la commune a fouèt in procé au garde de la
rivère, pre avouére enleva la passerelle et
arèta toute communication.
On sèt poué bein queume tout thieu finira ; en
attendant, o l'amuse le minde de ché nous et o
l'empêche que le temps dure ».
En attendant, Giraud a tout de même attrapé
son affaire, mais si on en juge, jen connais un qui se
fera laver la tête ; je crois bien que un de ces jours
les rieurs ne seront point de son côté.
Le plus bête de laffaire, cest que le
garde de la commune a fait un procès au garde de la
rivière, pour avoir enlevé la passerelle et
arrêté toute communication.
On sait bien comment cela finira ; en attendant, cela amuse
le monde de chez nous et cela empêche que le temps
dure.

Pierre Giraud revient, avec sa jument blanche, du moulin de la Roussille
- Être
de la revue = subir les mêmes contraintes
- Aller se faire lanlaire = se débarrasser sans
scrupules de quelquun qui importune
- Se faire laver la tête = se faire
réprimander
- Garde de la commune = garde champêtre

vers 1930 - l'Auberge de la Roussille

1941

l'écluse de la Roussille - la maison du gardien - carte ayant voyagé en 1919





St Liguaire - l'écluse de la Roussille

St Liguaire - l'écluse de la Roussille en 1964

St Liguaire - la Roussille - le restaurant et l'écluse

le restaurant, à la Roussille


St Liguaire - la Sèvre Niortaise à la Roussille



1964 - aquarelle du moulin de la Roussille, par Clavery
les les bords de
ens
de St Liguaire
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de fermer l'agrandissement sinon.