2005 - 5e Fête des Vendange

la égustation

 

 

"De mon temps, dans notre pays de vignobles, personne ne passait à proximité sans qu'on se salue. Et après les inévitables mots sur le temps et le "portement", on ne manquait pas d'ajouter : "Entrez donc, vous boirez bien un coup !"

Refuser l'invitation aurait été une offense.

 

 

 

 

 

 

 

 

une des nombreuses "jettouères"
de Montbrillais

 

Et sans façon, sur un coin de table de la pièce à demeurer, les verres étaient alignés et la bouteille débouchée : "Allez ! à votre santé !"

Mais bien souvent aussi, le moindre prétexte était bon pour descendre à la cave. "Mon rouge est soutiré, venez donc le goûter !" Alors, le verre à la main - un "verre de cave" culotté à souhait, rarement rincé - on procédait au cérémonial de la dégustation.

 

 

La casquette légèrement en arrière, le vigneron, accoté au tonneau, débouche la bonde, plonge la pipette, attend quelques secondes… et religieusement la retire, bien fermée en haut par son large pouce. Et c'est la distribution, chaque verre reçoit une rasade.
On se tait, tous sens en éveil…

 

 

Un petit examen olfactif, puis on tourne le verre à la hauteur des yeux, face à la maigre lumière ; on observe la robe, la limpidité, la couleur ; on regarde la façon dont le vin coule le long des parois du verre. L'examen visuel est sérieux ! Alors on aère le précieux liquide par un mouvement de rotation plus ou moins savant et on hume de nouveau, plusieurs fois, pour que tous les arômes vous chatouillent le nez. Et enfin, enfin, c'est l'examen gustatif avec la première gorgée : on la promène dans sa bouche, les papilles se réveillent et, après un claquement de langue, on commente, le verre toujours à la main, puis on prononce le verdict du connaisseur.

Mais surtout, surtout, ne dites pas : "Il n'est pas mauvais, ce vin." Là, c'est un reproche : pas mauvais n'est pas bon !

"Vous en reprendrez bien un petit peu ?" Alors, les langues se délient, les souvenirs fusent…

 

 

Je me souviens de descentes de cave mémorables, en février, quand le vin était clair, avec les voisins, tous plus ou moins vignerons, et souvent un visiteur imprévu ou prévu (non sans arrière-pensée, il fallait bien juger de sa capacité à tenir le vin !)
"Tenez, ce vin-là, vous m'en direz des nouvelles."

Et le cérémonial se répétait jusqu'au bout de la rangée des tonneaux. Ah ! les qualificatifs ne manquaient pas.

On revenait même à telle barrique, à telle autre… Il fallait bien comparer. Et, pour terminer, on débouchait quelques bouteilles des bonnes années, tirées de quelques "cabourneaux" et dégustées sur une table de fortune, le fond d'un tonneau debout, dans un recoin de la cave.

 

 

Alors, la discussion s'animait, on parlait plus fort : météo, récoltes, opérations foncières, politique, nouvelles du village… tout y passait… Et on "refaisait le monde", quoi ! Les anecdots, dix fois, vingt fois racontées : on se rappelait les vendanges de telle année tardivement effectuées début novembre par des températures de -5°, -6°, les raisins qui ne passaient pas dans le broyeur…
"Le père Alfred, avec son vin de lune…
- La mère Phonsine qui, allant jeter de l'eau très chaude sur le tas de fumier s'inquiétait : "Elle est ben chaude, c't'eau-là, va-t-elle pas mettre le feu ?
"

 

 

 

 

 

 

 

 

la cuisson des fouées

 

Ah ! C'était le bon temps !

Dans la cave, on prenait le temps de recevoir, de raconter, de discuter, de trinquer… A cette époque, on ne craignait pas d'avoir à souffler dans l'ballon en sortant."

 

En cette 5e Fête des Vendanges, ce 25 septembre 2005,
5 personnes ont réalisé en 5 heures une bouteille de 5 mètres de haut !
18 heures : le bouchon libère les bulles !

 

2007 bouteilles de 75 cl ont été nécessaires à cette réalisation !
2007 : année de la prochaine Fête des Vendanges...

 

Source : Guide de la Fête des Vendanges

 

Mon grand-père disait :
"Mieux vaut boire
et s'en ressentir
Que de ne pas boire
et s'en repentir !"

anecdote rapportée par Mme le Sous-Préfet lors de la Fête 2003

 

origines de nos caves
les caves de chez nous
 

 

article de la Nouvelle République

 

 

 

 

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