Bourbon-Lancy, le 1er septembre 2005

(...) Bourbon-Lancy faisait et fait toujours partie de l'évêché d'Autun. Les Saint Léger sont très nombreux en Saône-et-Loire.
La paroisse Saint Léger de Bourbon-Lancy englobait le quartier thermal et une partie du plat-pays. Il y avait trois paroisses : Saint Léger, Saint Nazaire, Saint Martin.
Il se trouve que la paroisse de Saint Léger allait jusqu'aux rives de la Loire (Liger pour les Romains, qu'on retrouve dans la toponymie locale). Nous avons d'ailleurs un Liger-Club à Bourbon-Lancy, et l'amitié, la courtoisie, le savoir vivre sont des valeurs ligériennes qui nous unissent. Merci de les développer !
Vous trouverez ci-joint un texte sur Saint Léger tiré du Journal de la Bourgogne (...)

Hubert Louis, Adjoint Délégué à la Mairie de Bourbon-Lancy

 


L'Aurore du 2 juillet 1910

 


 

fragments historiques sur le quartier St Léger
et Bourbon-Lancy (71)

 

La bourgade celtique aux eaux curatives était organisée autour des sources et fontaines : habitations à Saint Léger, commerçants et artisans avec leurs industries florissantes installées à proximité des sources. Les villas romaines étaient construites sur la colline opposée, de Saint Prix à Saint Nazaire. Le centre de la cité romaine, Castellum, est aujourd'hui le Châtelot.

 

le blason de la ville

Au début du XIIIe siècle, la fille aînée du Seigneur de Bourbon-l'Archambault, Mathilde de Courtenay, Comtesse de Nevers, épousa Eudes, fils aîné du Duc de Bourgogne. A la mort de Mathilde, Eudes devint lui-même Seigneur de Bourbon-Lancy, ville que son épouse avait affranchie en 1224, lui conférant de l'importance en regroupant la ville-close, les faubourgs Saint-Nazaire, Saint-Martin et Saint-Léger. Sa femme morte, Eudes accorda à Bourbon-Lancy les armoiries de Mathilde de Bourbon-l'Archambault : un lion d'or entouré de 8 coquilles dorées, sur fond bleu azur.

 

Au XVIe siècle, nombre de riches et illustres personnages faisaient des cures thermales et bien des "hommes descience" venaient à Bourbon-Lancy pour tenter d'expliquer le jaillissement des eaux chaudes. Réputées soulager les douleurs articulaires et autres sciatiques, elles auraient aussi guéri les stérilités féminines... ce qui fut plus que jamais affirmé après que l'épouse d'Henri II, Catherine de Médicis, ait fait, en 1542, une cure qui, suivant 10 années sans maternité, fut le prélude à plusieurs naissances !

 

Bourbon-Lancy - Vue générale de St Léger, prise du Tourniquet

 

Bourbon-Lancy - Vue générale de St Léger 

 

vue générale de St Léger

 

Vue générale de l'établissement thermal de St Léger - 1916

 

parc de St Léger - l'embouteillage

 

La vie des "petites gens", simples habitants de Bourbon-Lancy, était très éloignée de celle des riches curistes. Accablés de misère, ils l'étaient aussi de craintes superstitieuses, terrifiés par divers "sorciers" et "mauvais esprits" à qui ils prêtaient d'immenses pouvoirs, cela ne les empêchant d'ailleurs pas d'avoir recours à la prière à Dieu ou la Vierge lorsqu'un fléau s'abattait sur eux. Il y eut, outre celles qui avaient touché les gens, des épidémies décimant les troupeaux, des crues énormes, des sécheresses catastrophiques, des hivers très rigoureux où, descendant des forêts du Morvan, poussés par la faim, des loups terrifièrent la population de Bourbon-Lancy. Une légende (?) raconte qu'au XIXe siècle, un couple de loups vint hurler devant la maison du garde forestier de Germigny, qui avait pris leurs louveteaux.

 

Bel-Air et route de St Léger

 

un coin de St Léger et la villa du Rocher 

 

 

un coin de St-Léger

 

En 1622, des moines Capucins vinrent s'établir et furent bien accueillis par la population. Ils créèrent deux couvents de femmes, des Ursulines, en 1632, et des Visitandines, dans le monastère fondé par Gaspard de Coligny, à Saint-Léger.

 

Bourbon-Lancy - Quartier St Léger

 

quartier de St Léger

 

la place St Léger

 

 

la place de St Léger

 

 

hôtel et café des Sources - la place St Léger

 

Le XVIIIe siècle fut, pour le moins, tumultueux : une épouvantable famine, en 1709, provoqua de très nombreux décès, laissant les vivants exténués et sans aucune ressource. Comme toujours dans ce type de circonstances, les bandits déferlèrent sur la région, déjà ravagée par le malheur, y semant la terreur par le meurtre et le vol.
En 1740, un très violent orage occasionna bien des dégâts matériels dont la chute d'un clocher de l'église de Saint-Léger et celle d'une partie d'une tour de fortification de la ville.
 

Après la prise parisienne de la Bastille, la "Grande Terreur" mit Bourbon-Lancy à égalité avec les plus grandes villes, les églises étant profanées, les couvents réquisitionnés, les objets sacerdotaux brisés, les blasons mutilés, tout comme les statues de saints... Dans le cadre de la déchristianisation, l'église Saint-Léger devint "Temple de la Raison" où fut célébrée la "Fête de l'Etre Suprême" ; puis, le nom de "Bourbon-Lancy", pour sa similitude avec celui du Roi (Bourbon), fut remplacé par celui de "Belle Vue les Bains", qui devint Bellevue-les-Bains, que la ville porta jusqu'en 1814 : les rues et places furent rebaptisées de noms révolutionnaires (Égalité, Marat, Constitution, Sans-Culotte...)

 

la place St Léger

 

Les religieuses du couvent des Ursulines, sur la place de l'actuelle église, assuraient gratuitement l'instruction des jeunes filles. Chassées pendant la Révolution, leur église devint, en 1802, le lieu du culte catholique de Bellevue-les-Bains et accueillit une cloche de l'église Saint-Léger. L'église actuelle fut construite en 1881.

L'église Saint-Léger, qui avait été "Temple de la Raison", fut démolie. Le Docteur Philippe Mouteau, grand artisan de la mise en valeur des eaux thermales de Bourbon-Lancy, souhaita reposer sur place. A cet effet, il acheta et fit réparer à ses frais la chapelle de Saint-Léger, où il fut inhumé en 1695. Une plaque de marbre recouvrait sa tombe et fut remise à sa famille lors de la démolition, à la Révolution.

 

la rue de St-Léger

 

la rue de St-Léger et l'entrée du parc - entrée du Grand Hôtel

 

En 1926, Bourbon-Lancy, 4 483 habitants, est "capitale industrielle" grâce à sa "Manufacture Centrale de Machines Agricoles C. Puzenat". Émile Puzenat, 21 ans, fils de Claudien pense lui succéder un jour. Le Docteur Pain est alors maire de la ville, Henri Turlier -directeur général de l'usine Puzenat- est un de ses adjoints. Le paternalisme est, à l'époque, commun chez les patrons d'entreprises ; ainsi, les fins d'années, celui de l'usine a coutume de recevoir, devant son château, les pères de familles nombreuses et de leur remettre quelque argent pour étrennes. Le 17 novembre 1930, il invite tout le personnel de l'usine pour le mariage de sa fille, mobilisant toutes les salles de Bourbon-Lancy, dont celle de l'ancien Casino Saint-Léger.

 

les villas de St Léger

 

les villas de Saint-Léger 

 

les villas de St Léger 

 

  

 

les thermes de Bourbon-Lancy

 

Aquae Borvonis(les eaux de Borvo) : la petite bourgade gauloise aux eaux bouillonnantes, nichée au coeur de la plaine de la Loire et au pied des forêts touffues qui descendent du Morvan, connaissait sous l'empire gallo-romain un succès retentissant.
Les celtes, avec leurs druides, avaient été les premiers à vénérer les vertus curatives des sources chaudes. Des vagues de légendes flottaient autour de ces eaux bienveillantes, qui ne pouvaient qu'être alimentées et agitées par un génie.

 

Hôtel Saint Léger - 1904 

 

Bourbon-Lancy - Hôtel St Léger

 

Hôtel des Thermes et Hôtel St Léger

 

Hôtel St Léger

 

 

Nos ancêtres les Gaulois vénéraient Borvo, le dieu celte des eaux et des sources. La Rome Antique s'accompagne de ces croyances et traditions celtiques afin de pouvoir bénéficier, elle aussi, du bienfait de ladite eau magique.

 

l'hôtel Saint Léger  

 

 

Hôtel Saint Léger

 

Bourbon-Lancy devint ainsi la capitale du thermalisme et du raffinement. Les Thermes représentaient la magnificence de l'Empire Romain. Les baigneurs, pieds nus sur des mosaïques pourpres, jaunes, vertes, se détendaient dans le faste et la volupté. Le Bain Royal, tout de marbre recouvert, était entouré de 12 grandes niches ornées de statues où scintillaient des petites pierres de couleur azurée. Les colonnes de jaspe formaient un dédale entre les douches de chaleur en terre cuite, les bassins et les piscines couvertes. Partout on ne voyait que fontaines jaillissantes, voûtes ornées de fresques, marbre d'une blancheur étincelante. Les empereurs romains, les célébrités du clergé, les altesses royales, tous les importants personnages de la noblesse à travers les siècles sont venus prendre les eaux dans notre humble Bourbon-Lancy.

 

hôtel Saint Léger et pergola 

 

 

 

Bourbon-Lancy - hôtel Saint Léger 

 

hôtel Saint Léger vu des Jardins du Casino

 

hôtel Saint Léger

 

Catherine de Médicis, Louis XIV, Jules César composaient la foule brillante et élégante venue rendre hommage à cette eau bénie des dieux. L'injure des temps et le ravage des guerres ont volé à Bourbon-Lancy son passé glorieux, mais la source demeure intarissable et le Génie des Eaux ne cesse de soigner ses visiteurs.

 

le Grand Hôtel

la résidence St Léger 

 


 

LE JOURNAL DE SAÔNE-ET-LOIRE - lundi 1er juin 2015
Germaine Tillion sur Wikipédia ici

 

Sources et liens pour poursuivre la visite :

 

 

 

http://www.stleger.info