hieu acré atois !

 

Toi le Cagouillard, t’as la goule fine !
Asteur que t’es rendu, j’alont mangher une goulée et boère un cot !
Avec la sauce aux lumas, la pire, le gigouri, les patates, les monghettes piates, le tout imbibé du fameux pineau.

Toi le Charentais, tu es gourmet !
Maintenant que t’es arrivé, nous allons déjeuner et boire un coup !
Avec la sauce aux escargots, la sauce au sang, le pâté de cochon, les pommes de terre, les haricots, le tout abreuvé du fameux pineau.

Ah ! si dans thieu fameux j’hus d’souchots, vous trempez une foué vos ballots, ben sûr qu’avant d’riper vos bots vous m’en piallerez un deuxième cot.

Ah ! si dans ce fameux jus de ceps de vigne, vous trempez une fois vos lèvres, bien sûr qu’avant de partir, vous en demanderez une seconde fois.

Attention de n’pas tober le cul dans la palisse.
O faut pas pousser mémé dans les orties !
Quand on est ben benaize, on peut se faire grâler l’échine par le souleuil toret en taquinant la bourgeoise à l’ombre d’un châgne.

Attention à ne pas tomber dans la haie.
Il ne faut pas pousser grand-mère dans les orties !
Quand on se sent bien, on peut se faire bronzer le dos au soleil tout en taquinant son épouse à l’ombre d’un chêne.

Et siot’prendun éverdin : rabouzine ton devanteau sur ton embounille et galope jusqu’à la cabirotte pour ram’ner un dail, un bigo : o y a des chiches, des robertes et de la porée baraguouane dans le garouil.

Et s’il vous prend une idée : froisse ton tablier sur ton nombril et cours jusqu’à la maisonnette pour ramener une faux, une bêche : il y a des herbes et du poireau sauvage dans le maïs.

Va pas l’entrauper les sotilles dans un boesson, tu pourrais t’éraler les generiels ou le darrière.
Bonne mâche !

Ne pas t’emmêler les orteils dans un buisson, tu pourrais t’érafler les genoux ou les fesses.
Bon courage !

Claude CHAIGNE
Mémoires de vies de Coteaux-du-Blanzacais n°3 - 2023

 


 

 

 


 

La ughée d’autrefois
(la lessive d’autrefois)

 

 

Y a déjà ben longtemps, la BUGHÉE se déroulait sur quat jhours :

  • Le premier jhour : on assoit la BUGHÉE : on saquait le linghe à enfondre (on mettait le linge à tremper) dans un baille (tonneau coupé en deux) avec de l’èvefreide (de l’eau froide).
  • Le deuxième jhour : on coule la BUGHÉE : dans un bujhour (cuve en terre cuite) on apilait (empilait) le linghe avec des cendrou (petits sachets de cendre la lessive d’alors) pour enlever les tâches. On saquait étou (on y mettait aussi) des racines d’iris pour parfumer et blanchir le linghe. Le tout était arousé d’ève (arrosé d’eau) que l’on saquait à gargoter (mettait à bouillir) en remuant.
  • Le troisième jhour : on rince la BUGHÉE : le linghe était apiloté (empilé) dans une borouette (brouette) : les chimises, les thiulottes et autres mourènes (pantalons). Le sabon (savon) est emmené au lavour (lavoir) ou à la rivière. De jheneuille dans leurs ghenouillons (à genoux) dans une petite caisse : le garde genoux avec leur badra (morceaux de bois en forme de petite pelle) elles frappaient et rincaient le linghe à grande ève.
  • Le quatrième jhour : le sèchage : le linghe était éparé au souleuil (étendu au soleil). Sec, il était repassé et rangé dans un cabinet (armoire à linghe).

Au jhour d’aneut (aujourd’hui), il est ben plus aisi (facile) d’acacher su un bouton (d’appuyer sur un bouton) et de thyitter le bujhour mécanique faire le tail (et de laisser le lave-linge faire le travail).
Et comme disait la mère DENIS à la télé : « Ah ouais lé ben vrai ça » !

Claude CHAIGNE
Mémoires de vies de Coteaux-du-Blanzacais n°5 - 2025

 


 

La uichenotte

 

 

Je pose la question aux enfants : c’est quoi, ça ? réponse : jamais entendu parlé.
Je me souviens, une grand-mère du village en portait souvent une quand elle allait « aux champs », c’était dans les années 50. D’où vient cette étrange coiffe ?

D’après mes recherches, 2 explications :

  • Pierre JONAIN, folkloriste et historien charentais né à Gémozac en 1799 et mort à Royan en 1884, a popularisé une origine du nom qui proviendrait de l'anglais kiss not. Selon cette hypothèse, la coiffe aurait servi aux paysannes à se protéger des avances des Anglais pendant la guerre de Cent Ans. La quichenotte (pluriel quichenottes) un type de chapeau féminin ressemblant à un foulard, populaire dans certaines régions de France.
    L'expression proviendrait donc de l'anglais « kiss me not », en référence à l'utilisation de la casquette pour dissuader les soldats anglais de fréquenter les femmes françaises pendant la guerre de Cent Ans. La quichenotte couvrait la nuque et la tête du soleil !! ... oui la quichenotte protégeait bien du soleil les têtes des paysannes et les ânes ... (pourquoi les ânes, l’histoire ne le dit pas et je n’ai pas retrouvé de photo).
  • Dans son Dictionnaire des régionalismes de l'Ouest, Pierre RESEAU y voit un dérivé du mot « quichon » qui désignait autrefois des petites meules de foin établies par les femmes travaillant aux champs. Par extension, la coiffe qui leur servait à se protéger du soleil aurait été baptisée « quichenotte ».

 

 

Jeanine EGRETEAU
Mémoires de vies de Coteaux-du-Blanzacais n°5 - 2025

 

 

  

 

 

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