La
commune de La Lande Saint Léger a une forte histoire avec la
production de la pomme.
En 2023, environ 10% de la commune est encore recouverte de pommiers
soit ~ 80 hectares.
Dans les années 1930, la
commune de La Lande remportait les plus prestigieux concours de cidre
et de calvados hors Pays d'Auge.
Extrait d'un discours de la foire-exposition de Vimoutiers en 1935 :
"Il ressort que la commune de La Lande dans l'Eure se
présente en tête de toutes les compétitions de
cidre. Je la félicite pour ce beau résultat et souhaite
que nos producteurs prennent note de cet exemple qui nous vient des
confins du Pays d'Auge." (M. Gavin, créateur de la
foire-expo de Vimoutiers)
A l'époque sont récompensés M. Morin Robert, M.
Camut Adrien, M. Bosquer Henri, M.. Noël Gustave et
André.
Aujourd'hui il y a encore un
producteur de Calvados : la famille Camut.
En 1965, un projet de réunification entre Saint Léger
sur Bonneville et la Lande voit le jour, mais seul Saint Léger
appartenait géologiquement au Pays d'Auge. C'est donc
après des études géologiques qu'il fut
établi que cette nouvelle commune baptisée La Lande
Saint-Léger faisait partie du Pays d'Auge, pour le plus grand
bonheur de la famille Camut qui pourrait donc désormais
réaliser des calvados AOC Pays d'Auge.
Sur 45 hectares et constitués exclusivement de
pommiers hautes tiges donnant de nombreuses
variétés de pommes, parmi lesquelles des
variétés plus faibles en sucre de façon
à obtenir des calvados plus souples, moins puissants et plus
onctueux en bouche. Le ramassage s'effectue de manière
mécanique, une fois les pommes tombées au sol.
Après lavage et tri manuel, celles-ci sont
râpées, puis passées à la presse. Le
moût va ensuite être mis à fermenter pendant 6-7
mois dans des foudres de 10.000 litres.
Le vieillissement se fait dans de grands foudres de 20.000
litres jamais remplis à plus de 75%, de façon
à aider l'évaporation afin d'éliminer plus
rapidement les esters et autres éléments volatils
résiduels. Cette aération est renforcée pour les
jeunes calvados pour lesquels elle a lieu tous les 4 mois environ au
lieu d'environ une fois par an sur les vieux.
Dans un article du 24 janvier 1997,
le journal "l'Humanité",
sous la plume de Thierry Morvan, se lèche les
babines...
Ce
petit verre ingurgité d'un trait laisse souvent en bouche un
mauvais goût d'alcool, voire d'éther. On le nomme
"calva". Pour bénéficier des honneurs du prestigieux
"calvados", la subtile eau-de-vie gorgée de fruits exige
savoir-faire, nombreuses variétés de pommes, terroir et
du temps, beaucoup de temps... Quant au "calvados du pays d'Auge",
élaboré dans une zone géographique strictement
limitée, il nécessite un alambic "à repasse",
pour une double distillation.
Chez les Camut, à La Lande St
Léger, vingt-cinq variétés de pommiers entrent
dans la danse. Mettais, bisquet, maron-onfroy du Roumois, binet
rouge, sans-pareille, sébire, doux-môen, encore
saint-martin, sans parler de la forge-patin ! Une minutieuse
sélection qui remonte aux ancêtres.
D'après Claude, "La Normandie en compte plus de deux cents
sortes". Douces, amères ou acidulées, le choix est
délicat. Chacun a ses secrets et soigne ses fétiches
pour obtenir le meilleur. Certains ajoutent quelques poires sans
jamais dépasser les 5%. Pour les grandes eaux-de-vie, les
fruits doivent être magnifiques, bien frais, mûris
à point.
Après avoir extrait le jus,
fermentation naturelle. Bientôt, ce bon cidre va serpenter dans
l'alambic de cuivre. C'est la première chauffe. Le
"brouillis", appelé aussi "petites eaux", titre 28°
à 30°.
Nouvelle distillation. Elle donne la "bonne chauffe". 72°
maximum.
Au fil du temps, le breuvage atteint
sa maturité, 40° à 45°. Dans cet art du
vieillissement, les méthodes varient. Chez certains, le
calvados évoluera d'abord dans des fûts de 250 à
600 litres en bois neuf, très chargés en tanin, avant
de gagner les foudres quelquefois centenaires. D'autres s'en tiennent
aux tonneaux de chêne très sec.
Par l'incessant travail entre le
liquide et le bois, par l'effet oxydant de l'air des chais, le
calvados acquiert finesse, plénitude, corpulence, exaltation
d'arômes, coloration. Du doré à un ambre de plus
en plus profond.
Le maître des lieux peut alors opérer ses confidentiels
assemblages d'eaux-de-vie de divers âges (1) et terroirs.
Savantes recherches des qualités complémentaires.
Puissance et intensité des parfums de pommes mûres,
finesse et subtilité du bouquet, douceur du goût,
longueur en bouche. Dans le nez, senteurs florales, de vanille, de
cuir, de bois, du fruit défendu, de poires... En bouche,
persistance des saveurs. Les papilles sont agréablement
assaillies par les essences naturelles. Longuement, le palais s'en
délecte.
(1) Avec trois étoiles ou
trois pommes, le vieillissement sous bois est de deux ans minimum. Il
monte à trois ans avec les mentions vieux ou réserve.
VO, vieille réserve ou VSOP indiquent quatre années.
Quant aux extra, Napoléon, hors d'âge ou âge
inconnu, ils signifient six ans. En cas d'assemblage, seul
l'âge de la plus jeune eau-de-vie est
indiqué.
Source
:
L'Humanité du 24
janvier 1997



Un grand merci à
Frédéric Marmion pour les photos !

http://www.cave-de-deauville.com/
Lien : https://www.produits-normandie.fr/27_calvados-adrien-camut

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