le entier de éo - aint éger (06)

 

 

otre petit village, juché au flanc d'un coteau ensoleillé, en haut de la vallée de la Roudoule, au cœur du pays "Provence-Val d'Azur", veut faire connaître son patrimoine et son histoire, dont certains épisodes sont empreints de gloire.
Notre exposition "L'Escolo", réalisée avec l'Ecomusée de la Roudoule, se veut témoignage du passé et espoir d'avenir.

Habitants de Saint Léger, amis, visiteurs, aidez-nous par vos actions et vos remarques à faire de notre village

"Un Havre de Paix où il fait bon vivre".

Édouard David, Maire de Saint Léger

 

Dans ce topo-guide sont proposés 3 itinéraires : le sentier de Léo, le sentier de Caprix et celui de Tétra.
Les 2 premières stations sont communes aux trois sentiers.

 

 

 

entier de éo

 

Temps de parcours : 1h30 - Longueur : 1900 mètres - Dénivelé : 90 mètres
Niveau : facile, possible avec de jeunes enfants - Chaussures de marche (ou tennis) conseillées

 

Bonjour et bienvenue sur mon sentier !

 

On m'appelle Léo. Je suis l'emblème de de l'Association des "Saint Léger" qui regroupe 73 villages petits et grands en Suisse, Belgique et France. Sus scrofa, sanglier, mon nom vient du latin "singularis", qui veut dire "qui vit seul".
Comme vous, j'appartiens à la classe des mammifères et je suis omnivore. Vous dites que je "grogne", c'est faux : ''je grommelle"...

La forêt est mon royaume et vous trouverez tout le long du sentier des traces de mon passage. Avec toute ma famille, ma laie et mes marcassins, nous cherchons des vers, et pour en trouver, il faut bien labourer ! Nous nous vautrons dans la boue - dans des "bauges" où nous nous"souillons" - pour nous débarrasser des parasites.

Vous avez 32 dents, j'en ai 44 ! Mes canines inférieures sont appelées "défenses", alors que mes canines supérieures sont appelées "grès". Quand mes défenses dépassent mes grès, on dit que je suis "miré".

Mes poils noirs sont des "soies" que vous utilisez pour faire des brosses. Quand je recherche ma nourriture, on dit que je vais au "gagnage". J'ai besoin de tranquillité, d'eau et de forêts profondes...

A l'aide des balises où je suis représenté, suivez-moi sur mon sentier ! De bonnes surprises vous y attendent ! Des bornes en bois numérotées, avec mon logo, vous indiqueront les stations où, ensemble, nous nous arrêterons pour découvrir la forêt et ses habitants. Ne les manquez pas !....

Et pour les deux premières stations, nous cheminerons avec mes compères "Caprix" et "Tetra". 
En route !

 

 

tation commune n°1 - Si Saint Léger m'était conté...
La borne de St Léger

 

Pourquoi une borne frontalière ici ?

Observons et écoutons l'histoire mouvementée de Saint Léger et de ses frontières... Jusqu'en 1760, date du Traité de Turin, la vallée de la Roudoule et Saint Léger appartiennent à la France et font partie de la Provence.

 

 

Le 24 mars 1760, Saint Léger revient au Comté de Nice, possession du Roi de Sardaigne (les gens continuent quand même à parler le Provençal).

De 1793 à 1814, St Léger redevient français... puis sarde de 1814 à 1860 !
En 1823, des bornes comme celles-ci sont placées tout le long de la frontière ; elles séparent aujourd'hui les Alpes de Haute-Provence et les Alpes-Maritimes.
En 1860, les 38 votants inscrits à Saint Léger votent à l'unanimité le oui pour le rattachement à la France.

Résultat : aujourd'hui, le village de Saint Léger appartient aux Alpes-Maritimes, alors que la forêt communale et les sentiers de découverte sont situés dans les Alpes de Haute-Provence !  

 

Quelles sont les bonnes réponses ?

1 - Mais qui était donc Roi de France en 1760 : Louis XIV ou Louis XV ?

2 - Le Traité de Turin de 1760 permettait la rectification des frontières, ou à Saint Léger de rester français ?

3 - Les bornes tout le long de la frontière représentaient la limite France / Savoie : vrai ou faux ?

4 : En quelle année Saint Léger revient-il définitivement à la France : 1760 ou 1860 ?

Réponses : 1 - Louis XV - 2 - la rectification des frontières - 3 - vrai - 4 - 1860

 

 

tation commune n°2 - Les arbres à nids

 

Léo est tout près d'ici, même si nous ne le voyons pas...
Sur le sentier, nous trouverons souvent des traces de son passage...

 

 

Levons les yeux !

Quelques animaux ont choisi de construire leur nid dans ce pin sylvestre. Ne les dérangeons pas. Qui sont-ils ? Des oiseaux ? Un écureuil ?

Chez les oiseaux, c'est généralement la femelle qui choisit son emplacement et construit le nid, le mâle se contentant de chanter pour défendre le territoire. Tous les degrés de confort et d'architecture se rencontrent dans les nids. Par exemple, la mésange à longue queue bâtit pendant plusieurs semaines son cocon confortable et douillet, alors que le coucou pond carrément ses œufs dans le nid d'une autre espèce !

L'écureuil construit un nid de branchettes en forme de boule, très haut dans les branches. L'intérieur est garni de mousse et d'écorces. Le nid a deux entrées.
L'écureuil possède plusieurs nids, dont un seul est utilisé pour la reproduction.

Léo est omnivore. Si un œuf ou un oisillon tombaient du nid, Léo n'en ferait qu'une bouchée.

 

Vrai ou faux ?

1 - Pour sortir de l'œuf, l'oisillon peut mettre de quelques heures à 4 jours ?

2 - Les poussins nidicoles naissent tout nus et aveugles (rapaces, hérons, pigeons, passereaux) ?

3 - Le tétras-lyre femelle dépose ses œufs dans un nid en forme de cuvette sur le sol ?

4 - Les oiseaux nidicoles déposent leurs œufs à même le sol ?

Réponses : 1 - vrai - 2 - vrai - 3 - vrai - 4 - faux (ce sont les oiseaux nidifuges. Les nidicoles font leurs nids dans les arbres.)

 

Tout de suite, à l'embranchement des sentiers, les admirateurs de Léo prendront le sentier de droite, tandis que ceux de Caprix et Tétra grimperont les lacets sur la gauche.

 

Le saviez-vous ?

Le nid terminé, la femelle commence à pondre (un œuf par jour, dans la matinée). La plupart du temps, c'est elle qui assure l'incubation et dépend donc de son conjoint pour le ravitaillement.

Pour couver, les oiseaux disposent d'une ou plusieurs plaques incubatrices (zone du ventre qui se dénude peu avant la ponte du premier œuf et sur laquelle les vaisseaux sanguins se gonflent, dégageant de la chaleur). La durée de l'incubation est de 12 jours pour les petits passereaux, de 2 mois pour le gypaète.

 

 

tation n°3 - Le couloir de câbles

 

Tiens, une clairière... Et partout on retrouve des souches, preuve que des arbres ont été coupés...
Mais comment ont-ils été transportés jusqu'à la route ?

C'était il y a longtemps, 50 ans et plus... Pour sortir le bois des forêts, on utilisait des chevaux de trait ou des mulets.

Les troncs étaient tirés jusqu'à un câble forestier maintenu par un portique, et le bois descendait jusqu'à la piste grâce à un système de poulies :

 

 

Le métier de câbliste était la spécialité des Italiens qui ont apporté leur savoir-faire en France.

A l'époque, il n'y avait pas de tronçonneuses, et les bûcherons abattaient les troncs à la scie passe-partout.
Le travail en forêt était pénible et dangereux, et les hommes étaient payés à la journée ou à la tâche.

Dans les années 60 apparaît le tracteur à chenilles. Des pistes sont ouvertes dans la montagne pour sortir le bois.

 

Un métier correspond à chaque activité. Lequel ?

1 - Il abat les arbres en forêt.

2 - Il sort les bois de la forêt à l'aide de son tracteur forestier.

3 - Il achète les coupes de bois mises en vente.

4 - Il élague les troncs pour obtenir des bois de qualité.

Réponses : 1 - bûcheron - 2 - débardeur - 3 - exploitant forestier - 4- élagueur

 

Venez découvrir, à l'entrée du village, un portique de câbles avec son billot.

 

 

tation n°4 - Regardez-moi bien !
Je suis le seul représentant de mon espèce sur ce sentier : le cytise faux ébénier

 

Moi, Laburnum anagyroides ou Cytise, j'appartiens à la famille des Fabacées (Papilionacées : fleurs à 5 pétales évoquant les ailes du papillon).

 

 

On m'appelle aussi "faux ébénier", car mon bois devient presque noir en vieillissant, comme l'ébène.
Mes bons amis me nomment aussi Pluie d'or ou Bois de lièvre. Je ne vis pas longtemps hélas, environ 30 ans.

Attention, je suis une plante toxique ! On m'utilise en plantations afin de fixer les sols en montagne.

Mon bois est facile à travailler. On en fait des "chambis" (en Provence) et je continue mon existence en collier autour du cou de quelque bélier.
Ma sonnaille, fièrement accrochée au "chambis", éloigne les serpents et permet au berger de retrouver son troupeau.

Écoutez, vous pouvez peut-être entendre des sonnailles, les troupeaux ne sont pas loin, aussi tenez bien votre chien en laisse !

 

Le saviez-vous ?

Comment fabriquer des "chambis" ?

Prendre un beau morceau de cytise. Faire sécher.
Couper dans le sens longitudinal le morceau que l'on veut utiliser. Faire bouillir le bois dans de l'eau.
Donner au bois la forme d'un "chambis" (sorte de collier accroché au cou des béliers, collier d'où pendent les sonnailles...)
Cercler de fil de fer pour conserver la forme, attendre que le "chambis" sèche.
Les fils de fer sont ensuite enlevés et les sonnailles sont accrochées au "chambis".

 

Vous pouvez admirer de superbes "chambis" à l'exposition "L'Escolo" de Saint Léger, à deux pas d'ici.

OUF !... Vous êtes maintenant sur le point le plus haut du sentier.
Attention : nous amorçons la descente !

 

 

tation n°5 - Lecture du paysage

 

1 - le village

2 - les prés de fauche entretenus autour du village

3 - les cultures en terrasse sous le village

4 - la forêt et la lande qui descendent sur le village et occupent les anciennes terrasses cultivées

5 - les "robines" (marnes noires désertiques) où la garrigue avance...

 

 

A noter la faible surface des zones habitées et cultivées.

1 - Pourquoi le village a-t-il été construit ici ?

2 - Pourquoi des cultures en terrasses ?

Réponses :

1 - Parce que c'est le bon côté, l'adret.

2 - Les terrasses en marches d'escalier empêchent l'érosion.

 

 

tation n°6 - L'érosion

 

L'eau qui ruisselle entraîne avec elle la terre et les pierres qui peuvent couper les routes ou détruire des maisons, Si l'eau s'infiltre dans des terrains argileux en pente, un glissement de terrain peut se produire.

Regardez le versant : naturellement, pins sylvestres et pins noirs d'Autriche s'installent, colonisent le versant, le protégeant ainsi contre l'érosion.

 

 

Comment lutter contre l'érosion ? Inscrivons le bon numéro devant chaque fonction de la forêt.

 

Numérotez les cases :

A - La forêt protège les sols contre le choc des gouttes d'eau. Le feuillage arrête les gouttes.

B - Comme tous les êtres vivants, l'arbre consomme de l'eau et transpire.

C - Le sol forestier est une énorme éponge qui absorbe beaucoup d'eau.

D - La forêt favorise l'infiltration de l'eau dans le sol et en profondeur.

E - La forêt retient le sol grâce à ses nombreuses racines qui emprisonnent la terre et les pierres.

Réponses : A2 - B4 - C3 - D1 - E5

 

Le saviez-vous ?

Jusqu'au milieu du XlXe, la population est nombreuse en montagne, et les habitants doivent gagner de plus en plus de terrains cultivables sur les versants. Défrichements et surexploitation du terroir entraînent une érosion catastrophique.
À partir de 1860, l'Etat intervient et décide la restauration des terrains de montagne.
Deux objectifs :

  • Limiter les élans destructeurs des torrents (barrages)
  • Reboiser pour protéger les sols

 

"Érosion" vient du latin "erosus" qui signifie "ronger".

Observons bien l'autre versant du ravin, en face de nous :

  • La pente est forte, une partie du versant est dénudée.
  • Que se passe-t-il au cours d'un violent orage ou de fortes pluies ?

 

A noter :

  • En 1850, le taux de boisement du département 04 était de 8%.
  • En 2000, le taux de boisement du département 04 était de 43 % !

Aujourd'hui, suite à l'exode rural, la forêt reprend la place des terres cultivées et ne cesse d'avancer...

 

 

tation n°7 - La sylviculture

 

Léo adore cet endroit. Il y passe beaucoup de temps au milieu d'une grande famille de pins sylvestres.

 

 

3 générations sont représentées dans cette futaie :

  • Gros tordus
  • Gros bien droits
  • Jeunes (3 à 4 m de haut)

ou, autrement dit :

  • Grands-parents
  • Parents
  • Forêt de demain

Les gros diamètres bien droits sont martelés : ils seront coupés et vendus pour laisser la place aux jeunes.

Le pin sylvestre étant une essence de lumière, sa cime a besoin d'être mise au soleil pour qu'il puisse se développer !
Les jeunes trop serrés seront "dépressés". Ils pourront ainsi grossir en diamètre.

Si on ne les éclaircit pas, ils poussent en hauteur mais restent maigres ; une tempête ou une chute de neige trop lourde les abattraient comme un château de cartes.

 

Le saviez-vous ?

  • Le papier est un sous-produit de la sylviculture.
    Le papier est fabriqué à partir de vieux papiers récupérés (46%) et de bois (54%).
    Le papier, en donnant une valeur aux petits bois enlevés lors des premières éclaircies, permet d'effectuer les travaux et coupes.
  • Chaque Français consomme environ 150 kg de papier et carton par an, dont 7 kg de papier hygiénique.
  • La gestion et la culture de la forêt s'appellent :
    • la conchyliculture
    • la sylviculture
    • l'ostréiculture
    • l'apiculture ?
  • Réponse :
    • la sylviculture (de sylva : forêt)
    • conchyliculture : élevage de coquillages comestibles
    • ostréiculture : élevage des huîtres
    • apiculture : élevage des abeilles

 

Au prochain lacet, nous entendrons le bruit de l'eau au fond du ravin (si la saison n'est pas trop sèche...)
Attention : cette eau n'est pas potable !
Nous suivrons le chemin sur la droite.

 

 

tation n°8 - Réhabilitation d'une carrière

 

On pourrait nommer cet endroit "Les Glaïres" qui signifie "éboulis" en provençal : c'est un mélange de cassilles (petites pierres anguleuses) et d'argile, matériau utile pour empierrer les pistes et qui résulte de la fragmentation des roches calcaires.
Tout prélèvement de matériaux étant interdit sans autorisation (depuis la loi sur les carrières), la carrière est désaffectée.

Attention !

Léo ne doit pas être loin car il aime les sols faciles à labourer ou fraîchement retournés et il adore consommer les radicelles des jeunes arbres...

 

A vous !

1 - De nombreuses essences ont été plantées dans le talus. Pouvez-vous en reconnaître quelques-unes ?

2 - Pourquoi les plants sont-ils entourés de grillage ?

3 - Quel est l'intérêt de la "cuvette" pratiquée dans le sol auprès de chaque plant ?

4 - Connaissez-vous 2 homonymes du mot carrière ?

Réponses :

1 - Les essences plantées : noisetier, bouleau, cytise, érable plane, aulne blanc, aulne à feuilles en cœur, arbre à papillon...

2 - Protection contre la dent des animaux (chevreuil, cerf, sanglier)

3 - La cuvette est destinée à recueillir et à garder la moindre goutte d'eau de pluie (étés très secs)

4 - a) carrière : arène pour les courses de chars
b) donner carrière : laisser le champ libre, donner libre cours
c) carrière : métier, profession

aulne blanc

 

 

 

 

 

cytise aubour

noisetier

bouleau verruqueux

 

 

tation n°9 - Le buis

 

Comment s'appelle cet arbuste rencontré tout le long du sentier ?
"Ah oui, je me frotte souvent contre lui pour me gratter" se dit Léo.

C'est Buxus sempervirens, le buis ou bois béni. Il aime les sols calcaires, très secs à frais. C'est une espèce de demi-ombre.

 

Le saviez-vous ?

Du buis très sec dans un poêle le fait rougir et peut le faire exploser.

 

Le plus intéressant chez lui sont ses propriétés, utilisées en phytothérapie : le bois et l'écorce sont sudorifiques, dépuratifs, fébrifuges et cholagogues (facilite l'évacuation de la bile). Les feuilles sont purgatives.

Le buis produit un excellent bois jaune au grain très fin, utilisé en tournerie, marqueterie, fabrication de jeux, instruments de musique, baguettes de tambour, articles de bureau, gravure, boutons. Il est utilisé pour les clavettes sculptées des "chambis".
Autrefois, le bois noueux des souches était utilisé pour faire des tabatières. Le buis est utilisé comme plante ornementale. Il est protégé en Lorraine.

 

À vous de jouer !

1 - Le buis peut vivre environ :

  • 50 ans
  • 200 ans
  • 600 ans

2 - Que signifie sempervirens ?

  • Feuilles coriaces
  • Feuilles toujours vertes
  • Feuilles opposées

Réponses :

1 - Le buis peut vivre jusqu'à 600 ans. 2 - "Sempervirens" signifie : feuilles 'toujours vertes".

 

Avec cette dernière station, notre parcours ensemble s'achève.
Il ne vous reste plus qu'à suivre le chemin jusqu'au parking.

Je vous suggère de venir vous désaltérer dans ce joli village dont je suis l'emblème.
Au revoir, et peut-être à bientôt !

 

Tétra le tétras-lyre
ou petit coq de bruyère...

... et Caprix le chevreuil
vous attendent aussi à St Léger !

 

Source : l'adorable topo-guide "Sentiers de découverte à St Léger" que l'on peut se procurer à la mairie de St Léger 04 93 05 10 00 et à l'Auberge du Coustet - Dessins de Patrick Séréna - Textes de Maguy Bruneau

 

 

erci de fermer l'agrandissemen

 

 

 

http://www.stleger.info