NE CLOCHE SONNAIT DANS LA ERRE

   

 

Vers 1790 une cloche était enfouie sous deux mètres de terre dans le bois de Neuville. Comment se trouvait-elle là ?
Il est bien difficile de le préciser, on sait pourtant qu'elle sonnait sous terre pendant les orages, la chose est certaine, les habitants de St Léger sous Brienne l'affirment et surtout ils ont entendu l'airain sonore.

Un jour même que la cloche faisait un tapage plus grand qu'à l'ordinaire, sa retraite fut découverte, on l'exhuma au milieu d'une allégresse générale car elle réunissait les propriétés les plus merveilleuses comme de chasser les orages, dissiper la foudre, écarter les nuées coupées en deux et rejetées au loin...

 

Cependant les gens des pays environnants partageaient assez mal l'enthousiasme des habitants de St Léger. En effet la petite cloche au son criard causait un réel préjudice. On s'occupa même de la faire taire car tous les orages destinés à St Léger allaient s'abattre chez les voisins : n'est-ce pas assez de subir le guignon lorsqu'il vous est adressé directement, sans avoir à supporter celui des autres ?
 

 

 

 

A LÉGENDE DE SAINT HIBAUD 

   

 

St Léger sous Margerie et St Léger près Troyes honorent avec ferveur le saint dont ils portent le nom. Mais à St Léger sous Brienne il n'en est pas de même : le grand saint Léger y est absolument inconnu, il ne reçoit aucun culte particulier.
La dévotion populaire est orientée vers saint Thibaud pour des raisons que la légende explique ainsi :

A l'Ouest du pays, près des vignes, une source désignait un lieu affectionné de saint Thibaud qui menait là une vie de reclus avec une certaine hardiesse d'ailleurs, car la proximité de la forêt du Der entraînait beaucoup d'insécurité dans cette région. On redoutait particulièrement deux sinistres coquins mal famés qui semaient la terreur sur leur passage : l'un s'appelait Malicorne et l'autre Malempis.
Un jour, les habitants de St Léger vinrent s'en plaindre à saint Thibaud dont ils sollicitèrent le secours. Fort ému, celui-ci leur promit de convertir les deux malfaiteurs.

 

 
 

l'église St Thibaud de St Léger sous Brienne
http://cheminsdelaube.free.fr/etape2.htm - Vous y découvrirez aussi Brienne le Château.

 

A quelque temps de là, Malicorne et Malempis, sales, hirsutes, dépenaillés, n'hésitèrent pas à barrer le chemin qui conduisait saint Thibaud vers sa fontaine. Sur un ton menaçant, les bandits lui demandèrent de l'argent.

Saint Thibaud répondit avec calme : "Je suis votre pasteur et, vous, vous êtes mes frères. Vous voulez de l'argent, je vais vous en donner : LE PREMIER QUI ME DEMANDERA 10 SOLS LES RECEVRA ET LE SECOND EN AURA LE DOUBLE. Parlez, maintenant..."

La proposition est alléchante, c'est pourquoi le dialogue suivant s'établit entre les deux malfaiteurs :
"- Parle, dit Malicorne.
- A d'autres, dit Malempis : j'aurais 10 sols, toi tu en voudrais 20.
- Pourtant il faut que l'un de nous deux commence.
- Toi.
- Non, toi.
- Jamais.
- Nous allons voir."

Aux affrontements succèdent les coups. Malempis est bientôt à terre, son sang coule, ses forces le trahissent. Alors, dans un sursaut d'énergie et de colère, il se relève et dit : "Pour sûr, je parlerai le premier."
Tourné vers saint Thibaud, il lui adresse la demande suivante : "Grand saint, enlevez-moi un œil, mais, selon votre promesse, accordez le double à Malicorne, enlevez-lui les deux yeux : SI JE SUIS BORGNE, QU'IL SOIT AVEUGLE."

Aussitôt Malicorne proteste :
"- Saint homme de Dieu, vous avez parlé d'argent et non d'autre chose.
- Oui-da, répondit saint Thibaud, il fallait parler le premier, tu ne l'as pas fait. Donc, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, toi, Malempis, sois borgne, et toi, Malicorne, sois aveugle."

Reconnaissant le juste châtiment de Dieu, ce dernier supplia le saint ermite de lui rendre ses deux yeux, promettant de faire amende honorable et de mener désormais bonne et chrétienne vie.
Très condescendant, saint Thibaud invoque de nouveau l'Eternel, puis il remet à Malempis son œil et à Malicorne ses deux yeux.
Ensuite il les réconcilie et les congédie en leur disant : "Allez ! Souvenez-vous de la leçon et si jamais en péché de vol ou en coquinerie vous retombez, je vous enlèverai non seulement les yeux, mais aussi les bras et les jambes."
Sans plus attendre, les deux coquins détalèrent et disparurent dans la forêt.

L'année suivante, les gens de St Léger virent passer deux moines dont le visage austère se dissimulait sous le capuce noir d'une robe de bure : c'était Malicorne et Malempis.

 


Source : GUIDE DE L'AUBE MYSTÉRIEUSE
Un grand merci à Logan Clerc pour sa contribution !

 

 

l'église : l'édifice (extérieur et intérieur)
l'église : les peintures et les vitraux
l'église : les sculptures et les bas-reliefs
les croix de chemin à St Léger sous Brienne

 

 

 

 

 

http://www.stleger.info