obert de aint-éger et le pays d’velines

 

 

par Bernard de Saint-Leger - juin 1972

Prix de l'Yveline 1972 de la Société Historique
et Archéologique de Rambouillet et de l'Yveline

 

Bien que l'on ne puisse, à l'heure actuelle, établir d'une façon formelle les origines du fondateur de notre famille, il nous a paru d'un certain intérêt de chercher à en percer le mystère car, outre qu'il nous concerne plus spécialement, il est l'exemple assez typique de ce que furent les origines d'autres familles féodales.

Tous les historiens et généalogistes ont admis sans discussion que l'auteur des Saint-Léger d'Angleterre et d'Irlande est Robert de Saint-Léger, compagnon de Guillaume le Conquérant en 1066. Le problème reste à savoir qui était ce personnage. D'où venait-il ? De qui sortait-il ? C'est tout le sujet de la petite étude que nous nous proposons de faire ici.

Nous pouvons constater en premier lieu que Robert de Saint-Léger n'était pas un soldat parvenu que la Conquête normande en Angleterre avait promu à une haute fortune. C'était un personnage puissant et riche, et qui s'établit solidement dans plusieurs comtés du Sud de l'Angleterre, où sa descendance vécut avec beaucoup de splendeur "cum magno splendore", ainsi que l'affirme un historien du XVIIIe siècle*.
* Molloy : archives familiales

On remarque également qu'au nom de Robert de Saint-Léger est presque toujours associé celui de Robert, comte d'Eu, et que notre ancêtre tenait de ce dernier la majeure partie de ses fiefs, tant en Normandie qu'en Angleterre. La tentation est alors forte de faire des premiers Saint-Léger une branche issue des comtes d'Eu, tentation d'autant plus forte que plusieurs auteurs anglais nous ont précédé dans cette opinion.

 

St Léger en Yvelines - la Promenade des Oiseaux

 

 

 

 

 

Ainsi William Smith Ellis dit que "les deux principaux vassaux féodaux des comtes d'Eu dans le "Rape de Hastings" étaient les Saint-Léger et les Echyngham", qui, d'après leurs grandes tenures, devaient être, sans aucun doute, de proches parents de leurs suzerains. Il considère les Saint-Léger comme faisant partie de la caste des "Grands Barons" du Rape de Hastings qui adoptèrent pour meuble principal de leurs armoiries le "fretté" et l'auteur ajoute : "On peut penser, sans crainte de se tromper, que ce meuble a été adopté et porté par l'un des premiers comtes et, ensuite, conservé par les différentes branches de sa famille.*"
*
W.S.Ellis : Observations of the Earls of Eu (Sussex Arch. Soc. Review, vol.X, p.63 et suivantes)

M. Salzmann, dans une étude concernant "l'origine des armoiries de quelques familles du Sussex", reprend à peu près le même thème, "les Echyngham et les Saint-Léger, dit-il, d'après leurs grandes possessions dans le Kent et dans le Sussex, avaient non seulement un lien féodal, mais également une proche parenté familiale avec les comtes d'Eu, dont ils adoptèrent vraisemblablement les armoiries.*"
*
Salzmann : Origin of the arms of some Sussex families. Même revue.

 

 

 

 

 

la Cascade des Oiseaux

 

 

 

Nous pourrions ajouter que ces auteurs n'avaient sûrement pas eu connaissance du "Métier" de Saint-Léger, découverte qui fut pour nous une révélation et dont nous aurons l'occasion de parler plus longuement ; leur opinion en aurait encore été renforcée évidemment.

Enfin, les prénoms de Robert, de William, de Gilbert, de Geoffroy, de Ralph, de John, fréquents dans la famille d'Eu, se retrouvent de la même façon chez les Saint-Léger des deux premiers siècles qui suivirent la Conquête normande. Et nous savons que la similitude des prénoms avait une très grande importance dans le haut Moyen Age : "du VIe au XIIe siècle, les membres d'une famille ne portaient qu'un nom individuel. Mais les familles possédaient une sorte d'exclusivité de leurs noms habituels. Nul n'avait le droit de porter un nom s'il n'avait été porté par ses ancêtres en ligne directe ; et la possession de ce nom était comme un titre à l'héritage du parent homonyme qui l'avait imposé.*"
*
Abbé F. Bernard : Les origines féodales en Savoie et en Dauphiné.

Il est donc possible que notre famille soit issue d'un cadet de la famille comtale. Cependant, notre opinion serait plutôt favorable à une parenté par alliance, et cette alliance a pu se faire par un mariage entre Robert de Saint-Léger et une fille de Robert, comte d'Eu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la Vesgre et le Chemin des Oiseaux

 

 

la Lavoir des Oiseaux

 

 

 

Quoi qu'il en soit, et comme cette parenté ne paraît pas douteuse, il est intéressant de faire ici un bref aperçu historique de cette famille des "comtes d'Eu par la Grâce de Dieu".

Le premier comte d'Eu et de Brionne, créé en 966 par Richard II, duc de Normandie, fut Geoffroy, fils naturel du duc Richard Ier, dit Sans Peur. Son fils Gilbert s'étant révolté, le comté d'Eu lui fut retiré et donné à son oncle William. Ce Gilbert fut seigneur d'Orbec et de Bienfaite dans le Calvados, et ce fut son fils aîné, Richard Fitz Gilbert, qui reçut le comté de Clare en Angleterre. De lui est issue la fameuse famille de Clare dont les armoiries "d'or à trois chevrons de gueules" sont nettement différentes de celles de l'autre branche des comtes d'Eu.

Cette dernière, celle nous intéressant, eut pour auteur un autre fils naturel de Richard Sans Peur : il s'agit de William (ou Guillaume), que son père créa comte d'Hièsmes, puis ensuite comte d'Eu, lorsque ce comté fut confisqué à son neveu Gilbert. De son mariage avec Lesceline d'Harcourt, morte en 1057, il laissa trois fils.

L'aîné, William d'Eu, comte d'Hièsmes, puis de Soissons par son mariage avec Adélaïde, ne laissa qu'une fille et héritière, Rantrude, comtesse de Soissons.

Le second, Hugh, évêque de Lisieux, mourut en 1057.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le Lavoir des Oiseaux

 

Le troisième, Robert, comte d'Eu, ami et familier de Guillaume le Conquérant, commanda la cavalerie normande à la bataille d'Hastings en 1066. Ce fut lui le premier possesseur du "Rape d'Hastings" dans le comté de Sussex. Il en inféoda les principales parties à ses proches parents, au nombre desquels figuraient Robert de Saint-Léger et son fils William.

Le comte Robert d'Eu laissa lui-même trois fils : William, Robert et Ralph (Raoul). L'aîné, comte d'Eu à la mort de son père, survenue en 1090, continua la descendance.

Celle-ci se termina, d'ailleurs, par son arrière-arrière-petite-fille, Alice ou Adelise ou Aelis, dernière comtesse d'Eu de cette dynastie normande. Elle épousa en premières noces Raoul de Lusignan, tué en 1218 au siège de Ptolémaïs, ensuite Simon de Echyngham, dont une fille, Sibille (ou Sibilla) épousa William de Saint-Léger de Werlinges. A partir de cette époque, le comté d'Eu étant passé aux Lusignan, sa destinée devint naturellement toute française. C'est actuellement l'un des titres de la Maison d'Orléans.

 

le Lavoir des Oiseaux

 

 

 

Pour en revenir à Robert de Saint-Léger, il fut plus probablement un fils d'un autre Robert de Saint-Léger, cité dans plusieurs documents datant de la première moitié du XIe siècle. C'est de lui dont nous allons parler maintenant.

Le document le plus ancien où nous le trouvons mentionné est une charte datée de 1038, consistant en une donation par Gilduin, vicomte de Chartres et comte de Breteuil (Breteuil en Beauvaisis), de l'alleu de Mortoeuvres, près de Châteaudun, en faveur de la déjà célèbre abbaye de Marmoutiers. Après le nom de Garnier, chapelain de Gilduin, et précédant celui de Hervé, vicomte de Blois, nous trouvons parmi les témoins de cette donation "Robertus de Villa Pari vel de Sancto Leodegario", c'est à dire Robert de Villepair ou de Saint-Léger. Et ce nom de Villepair nous a aidé à identifier cette localité de Saint-Léger.

C'est dans la grande châtellenie royale de St Léger en Yvelines que nous avons pu trouver ce nom de lieu de "Villa Pari". En pleine forêt, à proximité du bourg de Saint-Léger, l'on trouve Vilpert, appelé Villepaire ou Vilpair dans les anciens documents. On peut fort bien penser que les premiers rois capétiens, ayant là leur résidence de choix où ils chassaient beaucoup, l'avaient appelée leur villa de Paris ; ajoutons d'ailleurs qu'un lieu dit "le Petit Paris" se trouve à proximité.

 

le Lavoir des Oiseaux

 

 

le Lavoir des Oiseaux, toujours

 

 

 

Donc, Villepair devait être le nom primitif de St Léger en Yvelines et, en effet, certains archéologues et historiens admettent que ce nom de Saint-Léger ne date que du début du XIe siècle, bien que l'on sache que cette commune existe depuis les temps mérovingiens. C'est, pense-t-on, Robert le Pieux qui, en consacrant l'église du lieu en 1030 au saint Léger, évêque d'Autun, lui donna le nom qui s'est, en quelque sorte, substitué peu à peu au nom primitif, sans disparaître complètement puisque nous voyons au XVIIe siècle que Vilpert était encore un fief important :

"Fief de Vilpert, sis es paroisse de Poigny, Saint-Léger et les Bréviaires, consistant en bois, taillis et bruyères, ayant droit de haute, moyenne et basse justice... en un tenant, et tenant d'un côté les bois de la Pommeraie, d'autre la forêt de Montfort, d'un bout les bruyères de Poigny et les étangs de Saint-Léger, et d'autres les terres des Bréviaires et du Mas."

 

Le Lavoir des Oiseaux, aujourd'hui

 

 

Ces 2 photos proviennent du site http://assoc.wanadoo.fr/cyclos-cyclotes/lavoirs/lavoirs_sud.htm

 

Ajoutons que Vilepert -ou Vilpair- situé en pleine forêt de Saint-Léger, aujourd'hui de Rambouillet, est maintenant un lieu de promenade pour les touristes ; on y voit une ancienne Croix, la Croix-Vilpair, et, à quelques centaines de mètres de là, une série d'étangs, ne semblant être que partiellement naturels, situés en bordure de l'ancienne route de Rambouillet à Saint-Léger ; nous ne serions pas étonné qu'il se fût élevé là un château fort, gardien de cette route.

 

la Croix-Vilpert

Ce monument, constitué d'un obélisque surmonté d'une croix, est situé au milieu d'un carrefour où confluaient jadis dix routes, à la limite des communes des Bréviaires, de St Léger en Yvelines et de Poigny la Forêt. Elle tient son nom du bois voisin de Vilpert, qui rappelle lui-même celui d'un ancien fief incorporé dans la seigneurie de Rambouillet.
Cette croix signalait un lieu de rendez-vous, par exemple pour un départ de chasse à courre. Elle a probablement été restaurée à l'époque de Charles X. Le 26 juillet 1830, ce roi est descendu de cheval devant la croix pour mettre fin à une mauvaise chasse et rentrer en voiture au château de Rambouillet.

 

 

 

 

 

 

la Croix Vilpert - carte oblitérée en 1904

 

 

 

Robert de Vilpair ou de Saint-Léger, personnage déjà important en 1038, comme nous le prouve le document déjà cité*, nous permet de penser qu'il dut naître dans les premières années du XIe siècle. Autre remarque intéressante, le comte Gilduin avait pris part à l'invasion de la Lorraine en 1036-1037. Il fut blessé à la bataille de Bar, et c'est au retour de cette expédition qu'il fit plusieurs donations pour l'âme du comte Eudes de Blois, son suzerain, qui y avait trouvé la mort. Il est assez vraisemblable que notre Robert, associé à cette donation, et l'un des principaux vassaux de ce comte Gilduin, avait pris part également à cette expédition guerrière.
*
Cartulaire de Marmoutiers, par Emile Mabille, Châteaudun 1874, charte XXI.

Le 29 avril 1046, "Rotbertus de Villa Pari" est témoin d'une autre charte de donation à l'abbaye de Saint-Père. Il s'agit de dons de franchises dans les faubourgs de Chartres, par "Gilduinus vicecomes Carnotinae urbis" ; par son épouse Ermeline et par ses enfants*.
*
Cartulaire de Saint-Père-de-Chartres, Benj. Guérard, Bibl. Nat., casiers n° 24 et 25.

Deux ans plus tard, le 17 avril 1048, à Paris, le roi Henri Ier donne au Chapitre de Chartres le bourg d'Ingré, près d'Orléans. Nous voyons apparaître "signum Rotberti de Sancto Leodegario" parmi les noms des témoins. Figurent également parmi eux le vicomte Gilduin et son fils Evrard*.
*
Archives Dép. d'Eure-et-Loir, G1112, Cartulaire de N.D. de Chartres, par de Lépinois et Merlet ; vol.1, p.89, n°XIV.

 

St Léger en Yvelines, Seine et Oise à l'époque - route de Vilpert aux étangs de Hollande

 

 

 

 

les mares de Vilpert - 1919

 

 

 

Entre 1048 et 1060, le vicomte Gilduin et son fils Harduin confirment la fondation du prieuré de Chuisnes, faite par leur vassal Ives de Courville (Curbavilla). "Rotbertus de Sancto Leodegario" est le second témoin de cet acte*.
*
Cartulaire de Marmoutiers, Arch. Dép. d'Eure-et-Loir, II 2307, pièce originale

Robert de Saint-Léger est encore le premier témoin d'une charte d'Ebrard, vicomte de Chartres, fils du vicomte Gilduin. Cette charte, sans date, de Marmoutiers*, dit qu'à la mort d'Hardouin, vicomte de Chartres, fils aîné de Gilduin, son frère Ebrard lui ayant succédé dans cette charge avait voulu révoquer les dons faits au monastère par son père Gilduin et son frère Harduin, et qu'il ne céda qu'aux instantes prières des moines et avec une forte somme d'argent. Il est permis de penser que Robert de Saint-Léger, vieux compagnon d'armes de Gilduin, et qui avait participé à ses libéralités, joua un rôle dans le revirement de cet Ebrard en faveur des moines.
*
id.

Cette brève étude de chartes royales ou seigneuriales rend frappant le fait que le nom de Robert de Saint-Léger est toujours associé à ceux de Gilduin, vicomte de Chartres, et de ses fils, Hardouin et Ebrard.

Il y a probablement parenté entre la famille du vicomte de Chartres et celle du châtelain de St Léger en Yvelines. Cependant, on ne retrouve jamais, chez les descendants issus de Robert, les prénoms de Gilduin, d'Arduin, d'Ebrard ou de Valerand, ceux les plus couramment employés chez les vicomtes de Chartres. Et nous avons déjà souligné l'importance des prénoms communs à une même souche ; s'il y a parenté, ce serait plutôt par alliance que par communauté d'origine.

Il est certain, cependant, ainsi que nous l'avons déjà écrit, que Robert de Saint-Léger ou de Villa Pari est l'un des principaux vassaux de Gilduin.

Il est intéressant de noter, aussi, que St Léger en Yvelines ne relève pas du vicomte de Chartres. Ceci nous montre que Robert devait tenir plusieurs fiefs et était vassal de plusieurs seigneurs.

 

le carrefour de Hollande

 

L'un de ses fiefs doit être identifié avec la localité actuelle de St Léger des Aubées, située en pleine Beauce, à une dizaine de kilomètres à l'est de Chartres. L'on peut supposer, également, que l'un des fils de Robert a dû continuer là une branche de seigneurs de St Léger des Aubées. L'on y retrouve les prénoms de Robert, de Ralph (Raoul), de Gilbert, communs avec ceux de la famille de Saint-Léger anglo-normande.

Cette branche s'éteignit d'ailleurs en ligne masculine dans la première moitié du XIIIe siècle, avec Radegonde de Sancto Leodegario qui apporta cette seigneurie à son mari Gilbert Galles*.
*
Archives Départ. d'Eure-et-Loir, G 2715.

Notons, à propos de cette branche de St Léger des Aubées, deux chartes de donations du comte de Rochefort (Rochefort en Yvelines), Guy le Rouge, et de sa femme Adelise au prieuré de Berthincourt (Bertildis Curiae), l'une datée des environs de 1080 et l'autre du tout début du XIIe siècle, toutes deux souscrites par "Radulfus de Sancto Leodegario" chevalier. Nous retrouverons, d'ailleurs, ces Rochefort en Irlande, un siècle plus tard, dans le comté de Kilkenny, voisins des Saint-Léger et comme eux vassaux du comte de Pembroke, héritier des Clare*.
*
Cartulaire de Marmoutiers, Archives Dép. d'Eure-et-Loir, H 2253 et 2256, Bibl. Nat., Mss Latins 54412.

 

 

Mais revenons à St Léger en Yvelines qui nous intéresse davantage car c'est peut-être de là qu'est sortie notre famille.

Sans en raconter toute l'histoire, intimement mêlée à celle de nos rois, nous rappellerons que c'est Hugues Capet qui y fit élever un château à la fin du Xe siècle et que l'église fut construite entre 1026 et 1030 par Hugues, moine de Fleury. Certaines parties de l'église actuelle datent du XIe siècle. Jusqu'à Philippe Auguste, les rois de France résidèrent fréquemment à St Léger qui était le chef-lieu du domaine royal de la forêt de l'Yvelines. Les Capétiens y possédaient donc le haut domaine, mais le fief était administré par un officier nommé gruyer, dont la résidence était au château royal de Saint-Léger. Voilà, croyons-nous, l'origine de "Robertus de Villa Pari vel de Sancto Leodegario".

Le fait que son prénom soit toujours suivi de son nom de terre prouve qu'il était seigneur ou châtelain -ici gruyer- de Saint-Léger*. Pour nous, Robert faisait partie de la classe des "Ministeriaux" -de Ministerium- dans le sens de fonction spécialisée :
*
Ce n'est qu'au XIIIe siècle seulement que, d'une façon générale, le titre de "Dominus" commence à précéder le nom du fief.

"De lourdes préoccupations assaillent le possesseur d'une grande fortune foncière. Il en partage le poids avec de nombreux serviteurs, agents supérieurs vivant dans son entourage : prévôts, maires, doyens et forestiers chargés de la surveillance, de la police et de la perception des droits... Qu'ils soient attachés à la Maison ou propriétaires ou éparpillés sur le territoire des Villae, qu'ils exercent des fonctions de premier plan ou de modestes charges, ces hommes constituent un monde à part, celui des Ministeriaux... Certains font escorte au chef, sont armés et équipés par lui... leurs fonctions sont rétribuées par des fiefs.*"
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Seigneurie et Féodalité, par R. Boutruche

 

 

 

 

 

 

 

oblitération de 1912

 

Fonctionnaire royal, possesseur de fiefs dans la Beauce, tel semble être Robert de Saint-Léger. Il n'est cependant pas exclu de penser qu'il tenait son office des Yvelines d'un héritage, car les ministeriaux, qu'ils soient comtes ou vicomtes, connétables ou maréchaux, chambellans ou gruyers..., sont devenus peu à peu héréditaires, et, en ce début de XIe siècle, c'est un usage bien ancré dans les moeurs que de transmettre à ses enfants le poste de confiance que le monarque vous a octroyé.

Si c'est un héritage, de quelle façon cet office de châtelain de Vilpair ou de Saint-Léger a-t-il pu être transmis à Robert ?

Il est évidemment bien difficile de répondre à cette question, les renseignements généalogiques de l'époque du haut Moyen Age sont rares et souvent contradictoires. Il est certain, cependant, que le premier tenant connu du château de St Léger en Yvelines est le comte palatin Hugues de Beauvais.

 

St Léger en Yvelines - berger et son troupeau

 

Lorsqu'en 988, Hugues Capet, à peine maître de la couronne de France, s'associa son fils Robert, encore adolescent, il le mit sous la direction de sa mère Adélaïde et lui donna pour précepteur Hugues de Beauvais. Ce personnage, fort mal connu du reste, contresigne toutes les chartes données par le jeune roi du vivant de son père. Il fut probablement l'instigateur du mariage de son royal élève avec Berthe de Bourgogne, veuve depuis peu de Eude Ier, comte de Blois et de Chartres. Après qu'elle eut été répudiée en 998, il demeura le chef du parti qui la soutenait contre la nouvelle reine, Constance d'Arles. Vers 1010, à l'instigation de cette princesse, Foulques Nerra, comte d'Anjou, et le rival de Hugues, envoya des émissaires qui le surprirent à la chasse en compagnie du roi et le percèrent de coups sous les yeux de Robert, impuissant à le défendre.

Outre le comté de Nogent, le roi Robert avait donné à Hugues l'office (ministerium) de gardien ou concierge du château de Saint-Léger. D'autres documents disent également qu'il était le gruyer de la forêt Yvelines, avec résidence au château de Saint-Léger.

 

Rendez-vous en forêt de St Léger en Yvelines

 

 

Chasse de Mme la duchesse d'Uzès - un rendez-vous à la Colonie près St Léger (Seine et Oise)

 

 

Mme la duchesse d'Uzès - carte postale ayant voyagé en 1910

 

 

 

 

 

 

une chasse à courre - le piqueur ramenant ses chiens après le défaut

 

Nous connaissons mal sa parenté, mais nous savons que sa succession fut partagée entre Eude II, comte de Chartres et de Blois, Roger évêque de Beauvais et comte de Sancerre, probablement frère d'Eude, et les comtes de Breteuil. Il est particulièrement intéressant de retrouver ici la famille des vicomtes de Chartres, comtes de Breteuil, et cette succession prouve bien qu'ils devaient être les parents les plus proches d'Hugues de Beauvais.

 

 

 

 

  

 

hallali sur pied à la maison forestière de St Léger en Yvelines

 

 

 

 

 

 

Dans une autre étude, le comte A. de Dion suggère qu'Hugues de Beauvais aurait eu aussi une fille, laquelle ayant épousé Guillaume de Hainaut lui apporta "les châtellenies de Montfort et d'Epernon, démembrement du comte de Nogent... et aussi des droits dans le château de Saint-Léger et sur la forêt d'Yvelines". Son fils Amaury fut l'auteur de cette célèbre famille des Sires de Montfort-l'Amaury. Mais cette hypothèse nous paraît moins probante, car, à l'origine, Monfort-l'Amaury et St Léger en Yvelines formaient deux fiefs bien distincts ; ce n'est qu'en 1204 que les Montfort ont acquis la pleine propriété sur St Léger en Yvelines, par l'échange officiel qui fut décidé entre Philippe Auguste et la veuve de Simon de Montfort, comte de Leicester. Pour des raisons stratégiques, le roi désirait acquérir une place sur la frontière normande, et la comtesse lui abandonna ses droits sur le fief de Breteuil-sur-Iton et sur Pacy-sur-Eure, obtenant à la place la pleine propriété de la châtellenie de St Léger en Yvelines (Sancti Leodegarii in Aquilina).

Il est probable que la possession de ce fief fut controversée, vraisemblablement à la suite d'héritages. On peut se demander, enfin, si Robert de Saint-Léger, proche parent de Gilduin, par sa femme ou par sa mère, n'a pas reçu Vilpair, alias Saint-Léger, des Breteuil, eux-mêmes proches parents, cohéritiers de cet Hugues de Beauvais, dont nous venons d'esquisser l'histoire.

Il peut très bien se faire, aussi, que Robert n'ait été qu'un fonctionnaire royal ou seigneurial, de naissance obscure, et que son office l'ait élevé dans la hiérarchie féodale de l'époque.

 

 

 

 

 

 

 

Ce dont nous sommes sûrs, c'est qu'un Robert de Saint-Léger prit part à la bataille d'Hastings en 1066 et qu'il s'établit dans le sud de l'Angleterre. Nous savons par le "Doomesday Book" qu'il vivait encore en 1086. Tenant compte de ces dates, il est difficile de le confondre avec Robert de St Léger en Yvelines, né tout au début du XIe siècle. Il pourrait plutôt s'agir de son fils portant le même prénom, ou plutôt de l'un de ses fils, puisque les Saint-Léger, seigneurs de St Léger des Aubées, ont continué en Beauce.

Au sujet de ce second Robert de Saint-Léger, il est peut-être nécessaire, pour retrouver sa trace, de revenir sur la première charte que nous avons déjà mentionnée, correspondant à la donation faite par Gilduin, vicomte de Chartres, de l'alleu de Mortoeuvres à l'abbaye de Marmoutiers.

Citons, dans l'ordre, le nom des témoins de ce document : "Thibaut, comte de Blois et de Chartres, Etienne, comte de Champagne, Ermengarde, leur mère, Gilduin, vicomte de Chartres, Hardouin, Ebrard et Galerand, ses fils, Garnier, chapelain de Gilduin, Robert de Vilpair ou de Saint-Léger, Hervé, vicomte de Blois, Dadon de Saint-Amant, Dadon son fils, Archambaud, Théodoric, etc"

Or, dans une donation faite à la même époque, c'est à dire entre 1037 et 1040, par Thibaut, comte de Blois, à l'abbaye de Saint-Florent-de-Saumur*, nous relevons, et dans le même ordre, la même liste de souscripteurs, sauf qu'à la place de Robert de Saint-Léger, on trouve ce nom : "Rotberti infantis", Robert enfant... S'agit-il d'une coïncidence ? Une solution séduisante, et qui vient cependant à l'esprit, serait que cet enfant, porteur du même prénom, aurait pu remplacer son père, empêché pour une raison quelconque, et ratifier à sa place, avec tous ces puissants barons, un acte important. Il est à noter aussi qu'il avait un rang élevé, car, n'étant qu'un enfant, il aurait dû figurer en dernier parmi les témoins. N'est-il pas singulier de le trouver à la place de Robert de Saint-Léger, alias de Vilpair ? Ce fait méritait d'être mentionné, et il nous a paru intéressant de le verser au dossier que nous traitons ici.
*
Cartulaire de Saint-Florent-de-Saumur, Bibl. Nat., Na1 n° 1930

 

St Léger en Yvelines - carrefour de la Croix Pater

 

 

la Croix Pater, entre St Léger en Yvelines et Poigny

 

 

 

Orderic Vital nous apprend que Guillaume, duc de Normandie, avait pour favori, entre les années 1063 et 1066, Valéran de Breteuil en Beauvaisis, "Vualerannus de Britoglio Belvacensis". Et Valéran était le petit-fils de Gilduin de Breteuil, vicomte de Chartres. Peut-être est-ce grâce à l'influence de Valéran que Robert, que nous appellerons Robert II pour la compréhension de ce récit, fut attiré en Normandie et y fit le riche mariage qui l'apparentait à une des plus nobles familles du duché, celle des comtes d'Eu. Et c'est là que nous arrivons tout naturellement à la création du "Métier de Saint-Léger".

On appelle ainsi le territoire tenu par les Saint-Léger, en Normandie. Il englobait toute la basse forêt d'Eu actuelle, connue alors sous le nom de forêt de Saint-Léger, et s'étendait à l'est du village d'Aubignemont, jusqu'à Bois-Geffroy à l'ouest, de Foucarmont au nord jusqu'au village des Ventes au sud. Le "caput baroniae" du fief semble bien avoir été St Léger aux Bois, où ses seigneurs élevèrent un château fort à une époque très ancienne. Son dernier possesseur, héritier des Saint-Léger en ligne féminine par les Bailleul puis les Haucourt, fut le maréchal de Mailly, duc d'Haucourt, qui mourut décapité à la Révolution ; le château de Saint-Léger fut alors incendié et il n'en subsiste plus aujourd'hui qu'une tour ronde à trois étages.

 

 

Dans les documents du XIIe siècle, ce territoire est donc qualifié de "Métier" -en latin "ministerium". Aux XVIe et XVIIe siècles, les moines de Foucarmont, se voyant contester la possession des dîmes du village des Essarts par l'abbaye voisine de Saint-Martin-au-Bosc, durent fournir la preuve de leur bon droit en montrant que cette dîme leur avait été octroyée par Jean, comte d'Eu, et que le village des Essarts faisait partie du Métier ou du Canton de Saint-Léger que le comte d'Eu avait acquis de Geoffroy de Saint-Léger peu avant 1144. Pour mieux illustrer leurs prétentions, un plan de l'ancien Métier ou Triège de Saint-Léger était joint à leur dossier, nous permettant d'en reconstituer les limites*.
*
Bibl. Mun. de Rouen, Cart. de Foucarmont, Mss 1224, XIIIe siècle.
Arch. Dép. de Seine-Maritime : 8 H 77, D20, 21, 8 H 12.

Ce fief qui, outre une douzaine de villages, s'étendait sur cette superbe forêt d'Eu n'était donc pas un alleu ordinaire, mais quelque chose d'important.

Fiché en plein milieu du comté d'Eu, on voit mal les comtes d'Eu l'octroyer à un quelconque étranger. Son premier titulaire a été sans doute un personnage influent, prochement apparenté à la famille comtale ; sa création n'a pu provenir que de la formation de l'apanage d'un fils cadet ou de la constitution d'une dot.

Nous ne connaissons malheureusement pas la date de sa formation, ni l'acte d'inféodation. Si on le retrouvait, il y a de grandes chances qu'il nous donne la solution du problème quant à l'origine de la famille.

Nous supposons qu'il doit dater de la conquête de l'Angleterre en 1066 ; tout au moins, d'une date assez voisine. Il ne semble pas qu'il ait existé avant, car on ne le voit figurer nulle part. Nous pensons particulièrement aux documents concernant la fondation de l'abbaye du Tréport en 1058. On y voit que Robert, comte d'Eu, donna à cette abbaye les dîmes du Mesnil-Allard ; il ne parle pas de Saint-Léger, ce qui est assez surprenant puisque cette localité est un hameau de la paroisse de St Léger aux Bois. On a l'impression que ce nom est encore inconnu en ce lieu ; de là vient peut-être cette antique tradition locale qui veut que l'ancienne église ne se trouvait pas au chef-lieu, mais au Mesnil-Allard, pour la raison bien simple que Saint-Léger n'existait pas encore.

Il est assez caractéristique, aussi, de remarquer que dans l'ouvrage récemment imprimé sur les "Actes des Ducs de Normandie avant la Conquête", le nom de Saint-Léger ne figure jamais. Tout ceci semblerait nous donner à penser que Robert II de Saint-Léger venait d'ailleurs, et l'hypothèse de l'Yvelines gagne sur la Normandie ...

 

route Croches

 

 

 

 

 

 

 

Ce grand alleu des Saint-Léger n'a pas duré longtemps, puisque, comme nous l'avons déjà remarqué, il fut cédé à Jean, comte d'Eu, par Geoffroy de Saint-Léger, petit-fils de Robert II et fils de William (vers 1144). Trois générations à peine, mais la famille a conservé, pendant plus d'un siècle encore, le village avec son château, son église et ses hameaux, dont l'un appelé "les preux de Saint-Léger" évoquait le souvenir d'une brillante époque chevaleresque.

Les comtes d'Eu désiraient beaucoup adjoindre à leurs possessions cette forêt de Saint-Léger qui coupait le comté en deux. De plus, ils venaient de fonder une grande abbaye à Foucarmont et les moines avaient besoin de place pour s'étendre plus au sud. On remarque, aussi, qu'à peine maître des lieux, le comte d'Eu donna à la naissante abbaye la dixième partie des récoltes et toutes les dîmes qu'il percevait dans le Métier de Saint-Léger, et il y en avait beaucoup. C'est là que l'on voit bien que la paroisse de Saint-Léger fut démembrée du reste et forma un fief à part -un plein fief de haubert- car son église, avec sa dîme et ses appartenances, fut donnée vers 1180 par Thomas de Saint-Léger, fils aîné de Geoffroy, à l'abbaye N.D. d'Eu. Thomas s'y fit moine à la fin de sa vie et y mourut en 1182, ainsi que le relate l'Obituaire de cette abbaye, soumise à la règle de l'ordre des Chanoines réguliers de Saint-Augustin. C'était un homme bon et lettré, aussi un artiste, car il aimait écrire et enluminer lui-même les chartes lorsqu'il avait décidé de faire quelque donation à un monastère du voisinage*.
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Bibliothèque Sainte-Geneviève, Mss 2030, p. 152.
Bibl. Nat. : Historiens de France, tome XXIII "Ex Obituario Ecclesiae Augensis".
San Marino Hutington Library of Californy, Cartulaire de Saint-Martin-de-la-Bataille (Hastings).
Archives de Lord de Lisle and Dudley, Kent Archive Office, Cartulaire de Robertsbridge.

Nous n'avons pas retrouvé l'acte de cession du Métier de Saint-Léger ; c'était, somme toute, un apanage qui fit retour au chef de famille à la suite d'arrangement. Si cet acte n'existe peut-être plus, la vente est heureusement mentionnée à plusieurs reprises dans les cartulaires de Foucarmont et de Saint-Martin-au-Bosc.

Si l'on considère que cette cession eut lieu vers 1144, on remarque que c'est une date intéressante, car c'est celle de la deuxième croisade, et l'on sait qu'elle comprenait un fort contingent de Normands. Il est assez vraisemblable que Geoffroy de Saint-Léger prit part à cette croisade, mais il fallait s'équiper, et cela coûtait très cher. Les croisades ont ruiné bien des familles. De là vient peut-être la vente du Métier de Saint-Léger. Enfin, Geoffroy n'était pas sans savoir qu'une partie non négligeable des revenus de son fief allait servir à une oeuvre pieuse, et cela était primordial pour ces hommes qui avaient la Foi.

 

la butte à l'Ane

 

 

 

Quittons le milieu du XIIe siècle pour revenir à la Conquête de l'Angleterre, point de départ des quelque trente générations qui vont s'égrener pendant neuf siècles.

La petite histoire familiale nous raconte qu'en débarquant sur le rivage de Pevensey, le duc Guillaume s'appuya sur le bras de Robert de Saint-Léger. La duchesse de Cleveland estime cette traduction ridicule*, disant, en effet, que ce bras était bien peu secourable puisque c'est en sautant de sa nef que le duc chuta sur le rivage et se retrouva à plat ventre sur le sable, devant l'armée consternée par ce mauvais présage. Mais, se relevant avec vivacité, et les mains pleines de sable, il s'écria : "Voyez, seigneurs, par la splendeur de Dieu, j'ai pris possession de l'Angleterre avec mes deux mains !"
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Duchesse de Cleveland : The Battle Abbey Roll.

Sotte ou pas la tradition, secourable ou non le bras de notre ancêtre, l'anecdote est très ancienne. C'est au château d'Ulcombe, dans le Kent, que cette histoire de bras s'est transmise, et le château d'Ulcombe est resté dans la possession de la famille depuis Robert de Saint-Léger jusqu'en 1660.

Robert II eut pour successeur son fils William de Saint-Léger. Le père et le fils sont mentionnés en de nombreuses reprises dans le "Doomesday Book". A ce sujet, d'ailleurs, on peut faire quelques remarques intéressantes.

Le "Doomesday Book", comme on le sait, date de 1086-1088 ; c'est un livre de recensement, le premier du genre, que le duc Guillaume, devenu par sa victoire roi d'Angleterre, ordonna de faire, comté par comté, hundred par hundred, paroisse par paroisse, avec les noms des seigneurs et des vassaux, le nombre de vilains et d'hommes libres, de charrues et de porcs..., sans oublier les églises et les clercs.

 

St Léger en Yvelines - en forêt

 

On remarque, grâce à ce document, que les fiefs tenus par Robert et par William de Saint-Léger forment deux groupes distincts.

Le premier groupe comprend principalement les quatre fiefs de Farley dans le Rape de Hastings, aujourd'hui Fairlight (Sussex), et les deux fiefs d'Ulcombe dans le Kent. Il est tenu par Robert de Saint-Léger du comté d'Eu, et semble lui avoir été octroyé après la victoire d'Hastings, probablement en récompense de ses services militaires.

Le second groupe, apparemment plus important, montre que William de Saint-Léger tient les cinq fiefs de Wertlingles et les deux fiefs de Cortesley, également dans le Rape de Hastings.

L'importance du fils, le père étant vivant, nous paraît assez surprenante, et il semble qu'une explication pourrait être suggérée : William dut recevoir ces fiefs en héritage. Cet héritage ne vient pas de sa femme, car celle-ci, nous la connaissons bien : elle s'appelle Caecilia, et son père, Lambert de Lamport, un seigneur important du comté de Kent, appartenait à la famille normande de Romenel ou Romesnil. Ces Romenel ont donné leur nom à Romney Marsch, et les Saint-Léger ont hérité d'eux un certain nombre de fiefs à la limite des comtés de Kent et de Sussex.

Il est donc vraisemblable que William a reçu ses fiefs en héritage de sa mère, et que cette dernière appartenait à la famille des comtes d'Eu, comme nous l'avons déjà supposé, peut-être une soeur ou une fille de Robert, comte d'Eu. A noter également le prénom de William, donné au premier-né de Robert de Saint-Léger, et se retrouvant aussi à chaque génération dans la famille comtale. C'était celui du père de Robert d'Eu, de son frère aîné le comte de Soissons, et de son fils aîné. Ce dernier eut d'ailleurs deux fils qui portèrent l'un et l'autre ce prénom de William.

Tous ces fiefs tenus par William de Saint-Léger venaient sans doute des comtes d'Eu -à la suite de partages familiaux- et le cas qui illustre le mieux cette idée de partage est la forêt de Dallington (Comté de Sussex), dont une moitié appartenait au comte d'Eu et l'autre moitié à William de Saint-Léger.

Les Saint-Léger semblent avoir eu une prédilection particulière pour ces grandes forêts féodales : forêt d'Yvelines, forêt d'Eu, forêt de Dallington. Peut-être pas seulement une coïncidence, mais la continuité de ce que fut cet office de Gruyer ou de Forestier que le premier Saint-Léger avait sans doute possédé tout au début du XIe siècle.

 

Forêt de Rambouillet - la Colonie, entre St Léger et Condé

 

 

 

Ces quelques réflexions peuvent-elles prouver l'origine de ce mystérieux Robert de Saint-Léger ? Evidemment non.

Les preuves de filiation à cette époque lointaine sont inexistantes, même pour des familles royales où l'on relève encore bien des lacunes et des confusions. Cependant, à la lumière des faits que nous avons signalés, il semble, en définitive, assez vraisemblable que l'Yvelines soit le berceau du guerrier de la Conquête de l'Angleterre. De nouvelles découvertes pourront peut-être modifier ou bouleverser cette opinion ; nous pensons, quant à nous, que l'intérêt du chercheur est de ne pas rester emprisonné dans une idée toute faite.

Nous croyions, comme tous les historiens et généalogistes qui se sont penchés sur l'histoire de notre famille, que cet aïeul, contemporain des premiers Capétiens, était originaire de Normandie... Les faits semblent le démentir et il nous a paru intéressant de sortir de l'ombre ce châtelain de l'Yvelines.

Aucun historien ou archéologue n'a apparemment fait ce rapprochement de Villepair et de St Léger en Yvelines, et, pourtant, Villapari est dans une certaine mesure le mot clef du mystère.

Bernard de Saint-Leger
juin 1972

 

 

l'oratoire de Notre-Dame de la Forêt et l'église

 

 

l'oratoire de Notre-Dame de la Forêt - fresque de Ehlinger

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet oratoire, érigé à proximité des étangs de Hollande, est orné d'une fresque qui représente un personnage féminin entouré d'animaux sylvestres.

Une statue, représentant Notre-Dame de la Forêt, est placée dans une niche, autour de laquelle est peinte l'inscription : "Notre-Dame, protégez les habitants de ces lieux".

Source : http://fr.topic-topos.com

 

Pour un complément sur l'origine de St Léger aux Bois (Seine Maritime - 76)

 

  

les étapes d'un touriste en France : St Léger en 1892
vues générales de St Léger en Yvelines

le patrimoine historique du village
cartes postales anciennes des bâtiments

l'histoire de St Léger en Yvelines
cpa des rues et des gens

Robert de Vilpair et la famille des "de Saint Léger",
originaire de St Léger en Yvelines !
cpa de la forêt d'Yveline

les Etangs du Roi, hier et aujourd'hui
cartes postales anciennes des étangs

A l'aube de l'an mil : le comté de Montfort
cpa des auberges et hôtels de St Léger

hommage à Peter Townsend
cpa des châteaux et des écarts

Saint Léger aujourd'hui - les jumelages
cartes postales anciennes de groupes

 erci de fermer l'agrandissement sinon.

 

   

 

 

  http://www.stleger.info