necdotes et itraux

 

 

On situe vers 1237 la construction de la motte féodale qui s'érige toujours dans le jardin du presbytère, et vers 1522 la destruction du château, au cours des guerres qui opposèrent François 1er à Charles-Quint.

Aux alentours du 15 octobre 1415, des troupes anglaises stationnèrent sur le territoire de Sus St Léger, au lieu-dit "Les Anglets".
Quelques jours plus tard, ces troupes devaient anéantir l'aristocratie française à la bataille d'Azincourt.

En 1430, la D75 fut foulée par un étrange cortège, venant d'Arras et se dirigeant vers Lucheux : il s'agissait d'une troupe de Bourguignons appartenant à Jean de Luxembourg, gouverneur d'Arras, chargée de convoyer Jeanne d'Arc vers Rouen.

reconstitution du château et de l'église vers 1530

Sous Louis XIV, le village eut à souffrir du passage des troupes du Maréchal Villars. Celui-ci aurait fait déguster par ses médecins les eaux de tous les puits du village.
Celui du presbytère fut déclaré le meilleur, ce qui incita le Maréchal à s'y installer.

 

la coutume d'Artois, suivie jusqu'en 1804

4 points étaient examinés quand il s'agissait de prouver sa noblesse : 1) la commune renommée 2) la manière de vivre 3) la chevalerie du père ou de l'aïeul 4) la possession de château par soi-même ou par ses ancêtres. La possession de la noblesse était ordinairement fixée à 100 ans.

Les chemins royaux appartenaient au Roi. L'ordonnance des eaux et forêts de 1669 attribue au Roi la propriété de tous les fleuves et rivières portant bateaux. Les voieries appartenaient aux seigneurs.

Le droit de forage s'exerçait sur les boissons qui se débitaient dans la seigneurie. Ce droit est dû au seigneur du lieu de destination.

Le droit de chasse et pêche est réglé par décision du Conseil d'Artois du 13 août 1739 : la chasse est défendue à toute personne autre que les seigneurs, gentilshommes et gens vivant noblement. Le règlement défend à toutes personnes autres que les seigneurs hauts justiciers et viscontiers, de pêcher dans les rivières publiques.

Le seigneur a le droit d'épave, soit la propriété de tous les objets mobiliers trouvés dans sa seigneurie dont on ne connaissait pas le propriétaire. Celui ayant trouvé quelque objet sans maître et ne l'aurait pas rapporté dans les 24h payait une amende de 60 sols. Les essaims de mouches à miel trouvés étaient attribués pour moitié au seigneur et pour autre moitié à celui qui les signalait.

Un droit honorifique pour le seigneur est d'avoir un banc dans le choeur de l'église. Dans un procès, on apprend que le Prince de Soubise se plaignait que son curé ait fait peindre son banc en couleur blanche pour le confondre avec celui des particuliers.

Le droit de bâtardie est l'obligation pour le seigneur d'élever tous les enfants dont on ne connaissait ni le père ni la mère. Mais il jouissait du privilège de recueillir la succession du bâtard mort sans laisser d'héritiers légitimes.

L'adultère - S'il s'agit d'adultère entre personnes de bonnes conditions, le délit est puni par amende ; s'il concerne des gens de basses extractions, le bannissement est de rigueur. La législation pénale reconnaît au mari le droit de commettre impunément l'adultère pourvu que ce ne soit pas sous le toit conjugal, et inflige à la femme pour ce fait un emprisonnement de peu de durée, sauf s'il se produit avec circonstances aggravantes : commis avec un prêtre ou au moyen de surprise ou de violence.

Le divorce - La séparation des corps était usitée en Artois, comme dans tous les pays de coutumes. Elle ne pouvait avoir lieu que pour cause grave et elle devait être prononcée par le juge ecclésiastique. Toute séparation volontaire était nulle. Les causes graves étaient l'hérésie, l'adultère, la rudesse intolérable du mari et l'inimitié capitale entre les conjoints.

Lors d'un parricide ou d'un infanticide, les criminalistes de l'Artois étaient d'avis qu'on ne devait plus appliquer la peine du droit romain, qui consistait à coudre le coupable dans un sac de cuivre avec un chien, un coq, un singe et une vipère et à le jeter ainsi dans l'eau, mais plutôt choisir la mort par le feu ou la pendaison.

Le duel était considéré comme un crime de lèse-majesté par ordonnance de 1602. Il était défendu "à toutes personnes, de quelque qualité ou condition qu'ils soyent, d'appeler ou provoquer autruy en duel, fust dedans ou dehors de la province. Et au cas ou defaict ils seroient rencontrez au lieu de combat s'enlrebattans, ils sont punissables de mort, ensemble de la confiscation de tous leurs biens."

La mendicité ne cessait de croître en Artois et le Conseil provincial fut obligé de rendre en 1768 un arrêt portant défense à toute personne de mendier. A peine pour la première fois d'être enfermé et nourri au pain pendant un mois et d'être marqué au fer chaud en forme de M, et pour la seconde fois au moins 5 ans condamné aux galères, sachant qu'il "était enjouit par ordonnance du 28 septembre 1617 à chaque communauté d'habitants de nourrir ses pauvres".

La contrefaçon des clefs, l'usurpation du titre de mesureur (ou arpenteur) et celle de la profession de médecin ou de chirurgien sont des faux par actions et ces faits sont punis de peines arbitraires plus ou moins sévères ; sauf dans le cas où un individu prend le titre de prêtre et se serait permis de célébrer la messe ou aurait usurpé les fonctions de confesseur : la peine de mort était toujours prononcée dans ce cas, car il y a faux et sortilège.

La peine ordinaire contre les sorciers était le feu. "On ne doit condamner, dit Desmazures, que quand l'accusé est convaincu d'avoir eu part avec le diable, par une négociation de sa foy et relligion chrestiennes, et promectant fidélité, d'avoir adsisté aux sacrifices nocturnes avec les autres sorciers, et y faict les vilénies qui s'y pratiquent."

Lorsque quelqu'un était suspect de lèpre, il devait être appelé pour être visité et, s'il était reconnu affecté par la maladie, il était mis "arrière du peuple et ordonné de porter certains habits particuliers, un chapeau, un manteau gris, une clochette et une besace".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

St Léger, voulant éviter aux habitants d'Autun les horreurs d'un siège, se livre à ses ennemis.

Le saint est imberbe, c'est à noter..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le martyre de St Léger

 

Vous pourrez noter la grande ressemblance de la réalisation avec les vitraux de St Léger les Authie (Somme - 80) tout proche.

Peut-être ont-ils été réalisés par le même artiste...
Pour l'instant, personne ne peut répondre à cette question.

 

 
 

A la Révolution, la terre de Sus St Léger appartenait à Mayoul, greffier du Conseil Provincial d'Artois.
Ses deux filles Rosalie et Ursule, 25 et 21 ans, accusées d'avoir joué du "piano forte" alors que leur père souffrait d'une congestion, furent condamnées et exécutées sur la place du Théâtre d'Arras.
Ce chef d'accusation, aussi absurde qu'expéditif, devait dissimuler d'autres raisons...

1790 - une nouvelle administration :
Lors des premières élections municipales, un état des lieux de la commune est communiqué au département :

  • maire élu : Philémon Lambert, 36 ans, fermier
  • population : 680 habitants
  • biens communaux : une place publique plantée d'arbres et une petite place avec une "nocquerie" au centre - une église paroissiale
  • curé : Pierre-Joseph Col, 50 ans

 

 

 

Saint Léger, cette fois barbu, dans l'église de Sus St Léger

 

 

 

 

le Château de Grand-RuIlecourt

http://www.chateaux-chambres-hotes.com/

(...) Le second marquis, Paul-Joseph de Hamel de Bellenglise, affrontera la tourmente révolutionnaire. Il fut élu maire de Grand-Rullecourt en 1790. L'élection eut lieu dans l'église et réunit 207 votants. Mais, devant le danger, il dut fuir à Anvers et sa demeure fut mise sous séquestre.

Georges Sangnier dans son livre "Les émigrés du Pas-de-Calais pendant la Révolution", nous conte cette intéressante visite :

"Au château de Grand-Rullecourt, chez le marquis de Hamel Bellenglise, la garde nationale de Sus St Léger saisit quelques armes et pousse ses investigations dans les caves. Dans l'une d'elles, un trou profond et une corde tendue intriguent la troupe. L'un des fusiliers y descend et se trouve, au fond du puits, en présence du cocher du châtelain, qui déclare préparer sur les ordres du gardien des meubles, Jérôme Beauvois, une cachette pour y mettre du vin !
On visite d'autres caves ; une muraille de maçonnerie récemment édifiée est mise par terre et un caveau plein de vin apparaît : "On n'a pu contenir la garde en pareille circonstance, il a fallu leur en donner à boire" déclare ingénument le procès-verbal. Pillage général : "...néanmoins, il s'en trouve encore à peu près 300 flacons.
"

On vint l'arrêter à Anvers. Il fut traîné à Arras, pieds nus dans la neige, et emmené à Saint-Omer où, après un jugement inique, il fut guillotiné le 23 floréal de l'an IV (...)

Source : http://www.chateaux-chambres-hotes.com/

 

 

 

http://www.stleger.info