Alors que j'étais gamin, je me souviens de...

 

 a guerre de  1939-1945
n choc dans la vie paisible de notre village
 

 

 

La guerre de 1939-1945 frappe durement notre village. Les habitants partent en exode, mais tous ne reviendront pas, par exemple madame Guilbert décédée à Ménonval en juin 1940.

 

C'est le départ des chefs de famille. Chacun s'organise au mieux afin de suppléer aux hommes absents. Vaille que vaille, le travail s'effectue et chacun attend fébrilement des nouvelles du front. Après la débâcle, certains réussissent à passer en Angleterre, d'autres sont faits prisonniers ; parmi ceux-ci, un fils du pays, F. Lefebvre, attendu comme beaucoup d'autres, n'eut pas la chance de revenir. Ces années sont dures. Les femmes deviennent des chefs d'exploitation. Commerçantes, agricultrices, femmes au foyer, tout leur incombe. Il faut aussi s'occuper des enfants et la vie n'est pas facile : restrictions sur le pain, la viande, l'habillement. Les civils ne sont pas tranquilles. Des bombardements visant le champ d'aviation de Poix et les gares de Serqueux, Formerie donnent de grosses peurs à tous. Chacun construit sa tranchée. On dort tout habillé. Les occupants réquisitionnent personnes, chevaux ou autres selon leurs besoins. De nombreux travaux démarrent dans les forêts avoisinant Saint-Léger. Des "requis" sont enrôlés et plusieurs d'entre eux mourront dans les raids effectués par les alliés. On sait que des rampes de V 1 se construisent un peu partout, ce qui amène des avions à nous mitrailler souvent en représailles.

 

St Léger aux Bois - le clocher en 1991

 

Le pays est durement touché. Le bombardement du 5 janvier 1944 fait 14 victimes dont Mme Agenhen, sa fille Simone, Mme Lavenant, Mme Marthe Médieu et son frère Gustave Lefebvre, Madeleine Jacquet, Mme Morgan, Léa Mercier, et en plus des requis.

pour lire les noms sur le monument aux morts

 

Le 9 juillet 1944, il y eut de nouvelles victimes avec Mme Bruvris et sa fille, Mme Waquet et ses trois enfants. Les maisons du centre du pays sont détruites, l'église bâtie en 1503 résiste, seuls les vitraux sont brisés. La guerre perdure, la résistance s'organise ici ou là, les bois environnants sont propices. Chacun attend le débarquement allié avec impatience et dans la crainte aussi. Celui-ci a bien lieu le 6 juin et les premiers mois de combat restent incertains. Enfin les alliés progressent et notre village est libéré début septembre 1944.

Chacun panse ses blessures, physiques ou morales, et petit à petit, la vie se réorganise. Il faut reconstruire : maisons rasées, champs dévastés par les bombes, et se tourner vers l'avenir, bâtir la paix.

Après ces années sombres, chacun éprouve le besoin d'agir, de coopérer. Les bonnes volontés s'unissent. Les habitants du village s'épaulent et travaillent ensemble à améliorer leur cadre de vie. On restaure, on construit des maisons neuves. Les vitraux de l'église sont réparés grâce à la générosité des habitants. Le conseil municipal, les instituteurs, le prêtre marchent main dans la main et, l'union faisant la force, le village de Saint-Léger rayonne aux alentours.

Marie-Thérèse Desanglois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la tour de Mailly en 1991

 

 

 

 es V1 à Saint-Léger - a rampe des âteliers

 

A la mi-juin 1944, la rampe des Câteliers devient opérationnelle, mais beaucoup de V 1 dérapent au départ :

Quand le V 1 ne décolle pas de la rampe, en quelques secondes, tout le personnel allemand file comme une bande de lapins et se cache derrière la motte d'origine gauloise toute proche des Câteliers.

Albert Bruvris

 

 

St Léger aux Bois - vue aérienne en 2001

 

 

 
la Mission de 1933 et le baptême des 3 cloches
la procession du Saint Sacrement
après la guerre, la reconstruction

 

 

 

 

 

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