la écurité avant l'riginalité

 

Saint-Léger-aux-Bois
l'église orpheline de son clocher pour une durée de 4 mois

 

A l'image de la Tour de Pise, son inclinaison "exagérée" a fait sa renommée. Pour des raisons de sécurité, le clocher de l'église de Saint-Léger-aux-Bois a été déposé ce mardi 19 juillet 2005 pour être restauré.

Il y a de ces évènements qui ne se ratent pas, le genre de spectacle dont l'intérêt n'a d'égal que la rareté. A n'en pas douter, le dépôt du clocher de l'église de Saint-Léger-aux-Bois fait partie de ces instants uniques.

Mardi 19 juillet, ils étaient donc une bonne centaine de curieux à s'être rassemblés aux abords de l'édifice afin d'assister à la spectaculaire manoeuvre. Mieux, il aura fallu à certains badauds présents depuis 13h30 patienter jusqu'à 20h avant de pouvoir admirer le clocher en suspension "atterrir tout en douceur".

Initiative visant à restaurer un monument ancien, la démarche se veut plus que jamais sécuritaire face à la perspective d'un clocher dont l'inclinaison, source de renommée, se révélait de plus en plus préoccupante.

 

 

 

2,5 mètres de déviance

La légende voudrait que le charpentier de l'époque, aux brises dominantes d'Ouest et afin de lui donner de la "force si au vent", ait volontairement incliné la flèche du clocher.

Force est de constater que, quelques siècles plus tard, l'homme est, comme qui dirait, parvenu à ses fins. Sauf que "ne défie pas les lois de l'équilibre qui veut". Ainsi, l'usure du temps qui passe aidant, l'inclinaison progressive, atteignant aujourd'hui près de 2,5 mètres par rapport à l'aplomb, est devenue si inquiétante que les pouvoirs locaux ont rapidement envisagé une réduction de la déviance en même temps qu'une restauration du site.

 

 

"Il s'agit avant tout d'une opération visant à rétablir une certaine sécurité aux alentours de l'église. Depuis un moment, il avait été constaté un désordre notoire dans la charpente avec de nombreuses cassures. Par ailleurs, un arêtier était, quant à lui, cassé depuis près de 15 ans. A partir de là, et afin de prévenir tout risque d'accident, la municipalité a décidé de prendre les mesures qui s'imposaient" indique Rémy Ternisien, maire de Saint-Léger-aux-Bois.

Ainsi, face à la fragilité du site, cloches et horloge ne fonctionnaient déjà plus. Pourtant, pas question d'occulter la restauration de ce monument classé "site remarquable". Une rénovation qui ne devrait donc pas faire table rase du passé comme l'explique le premier magistrat : "Ce clocher penché faisait l'originalité de Saint-Léger-aux-Bois. La plupart des habitants l'ont toujours connu incliné. Désormais, tout en obéissant à des règles strictes de sécurité obligeant à une très forte réduction de l'inclinaison, nous allons tenter de préserver cette étrangeté pleine de charme".

 

 

Les travaux ont, par conséquent, nécessité le dépôt du clocher, lourd de 8 tonnes. "Ce monument a toujours suscité la curiosité. Le déplacement d'une telle structure provoque logiquement l'attrait de la population. C'est, à n'en pas douter, une page de l'histoire locale qui est en train de se tourner" affirme cet habitant. Même son de cloche chez sa voisine "compréhensive mais attristée devant cette église décapitée". Place maintenant à la consolidation et aux travaux de restauration avant la réouverture de l'église prévue au printemps 2006.

 

 

 

un village, une église, un clocher

Oubliée cette fameuse et historique année 2003 où le village brayon avait célébré les 500 ans de l'église. A Saint-Léger, il semblerait que les lendemains de fête soient des plus difficile pour la "vieille dame".

"Les édifices ne sont pas épargnés par le temps qui passe. Au cours des siècles, dégradations et autres imperfections apparaissent. Nous profitons de ce redressement du clocher pour réaliser une restauration en profondeur de l'ensemble du monument religieux" avance Rémy Ternisien.

 

 

 

Outre le clocher qui sera prochainement pourvu d'un para foudre et d'une horloge opérationnelle, c'est une véritable "cure de jouvence" que s'apprête à vivre l'église locale, à commencer par la sacristie détruite par l'incendie du 25 février 2004 et qui sera totalement restaurée. Par ailleurs, les chapelles dont les toitures et charpentes sont endommagées vont faire l'objet d'une attention toute particulière, tout comme les façades qui pourraient subir un ravalement "salvateur". Un calendrier des plus chargé qui pousse le maire à affirmer que l'église "ne sera accessible au public qu'à la mi-2006".

 

 

Un magistrat qui tenait à féliciter les employés des sociétés Leduc bois Berthes Frères pour leur travail en collaboration avec François Mire, l'architecte du patrimoine. Et alors que l'église "décapitée" avait perdu de sa hauteur, ce mardi 19 juillet, certaines mauvaises langues n'hésitaient pas à prétendre que "le dépôt du clocher avait mobilisé davantage de foule que la messe dominicale".

I.T

 

 

 

Retour vers le passé

Tous les curieux l'auront constaté :le clocher de l'église est très penché vers l'Ouest contre les vents dominants. Peut-être est-ce l'expression de la volonté du charpentier. Dans le même esprit, les abat-son ont été placés à l'Est. Bien qu'il ait été abaissé de plusieurs mètres, ce clocher reste l'un des plus élevés de Seine-Maritime. iI a été partiellement incendié par la foudre le 14 juillet 1714. Un télégraphe y fut installé vers 1820 et fonctionna près de 10 ans, établissant la liaison entre Martincamp (hauteurs de Bully) et le Mont de l'Aigle (hauteurs de Grandcourt). Le clocher servit de poste de guet pour les Allemands en 1943-1944 et subit plusieurs bombardements. Le 8 mai 1945, la cloche nommée Marie, née en 1834, sonna à toute volée et s'écroula. En 1952, elle fut refondue et donna naissance à un carillon électrifié de trois cloches.

 Imad Taalabi

 

 

Source : le journal local "Le Réveil"
Un grand merci à Anne, de Réalcamp, pour les photos !

 

le clocher en réfection, désaxé comme à l'origine - 29 août 2005

 


 

uelques mois plus tard...

 

Nous sommes le 29 décembre 2005, et Marie-Agathe, de St Léger les Domart, a fait une escapade jusqu'à St Léger aux Bois :

 

 

 

 

 

 

 

 

"Cet après-midi, temps de neige sur St Léger aux Bois"

 

 

 

 

 

 

 

 

"Effectivement, quelques flocons de neige"

 

 

"Au premier plan, la mare gelée"

 

 

"En ce moment, les ouvriers travaillent sur la partie restée sur l'église"

 

 

 

 

 

 

 

 

"Sur certaines photos, le clocher semble toujours penché mais...

 

 

... en réalité pas si flagrant que ça ! Attendons sa mise en place"

 

 

"On distingue des parties de charpente neuves et aussi celles d'origine"

 

Affaire à suivre...
Merci, Marie-Agathe !

 

Février 2006 : on repose le clocher

 

 

 

 

 

 

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