Saint Léger, Evêque d'Autun, martyr

 par Marcel Alexandre

 

St Léger sous Beuvray - homélie du dimanche 4 octobre 1998 - Fête de Saint Léger

 

(…) Saint Léger ! Une des figures les plus représentatives de l'épiscopat franc, de cet épiscopat franc dont on a dit "qu'il avait fait la France comme les abeilles leur ruche".

Ses qualités pastorales, enracinées dans une foi profonde, dans l'amour de son peuple, vont trouver, dans son héroïque courage, leur émouvante consécration.

Saint Léger va donner aux chrétiens et aux chrétiennes de son temps, va léguer à la postérité, un inoubliable témoignage, celui de sa vie donnée pour épargner son peuple. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime".

Au temps de Saint-Léger, nous sommes, comme l'a écrit Daniel Rops,"au temps de l'Eglise des temps barbares", au temps des chrétiens des temps obscurs. Au sein d'une société difficile, aux moeurs parfois dépravées, les chrétiens ont travaillé courageusement, patiemment, pour faire rayonner l'Evangile de justice, de paix, de charité.
Face aux rois, dont ils dépendaient plus ou moins, face aux grands et puissants seigneurs de l'époque, les évêques ont bataillé de toutes leurs forces pour le Christ, parfois avec une audace qui nous laisse stupéfaits.
Parmi les noms de ces grands témoins du Christ, il faut citer Saint Prétextat de Rouen, Saint Didier de Vienne, Saint Prix de Clermont, Saint Léger
d'Autun.

Saint Léger ! Un admirable pasteur, artisan de paix, témoin de charité dans son diocèse. Il avait fondé à Autun une oeuvre de bienfaisance, appelée une "Matricula", l'Oeuvre de Saint Léger qui subsistera jusqu'à la Révolution de 1789.

Mais lui, qui avait été aussi conseiller à la Cour Royale, savait prêcher la morale aux grands du Royaume. Sur le plan politique, il tenait tête aux excès de pouvoir du Maire du Palais. En Neustrie et en Bourgogne, les grands propriétaires terriens et les Evêques (dont Léger d'Autun) se liguent contre l'autorité abusive du Maire du Palais de l'époque, le terrible Ebroïn.
Cette attitude de fermeté va le conduire au martyre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Léger, dans l'église de Saint-Léger sous Beuvray (71)
bois XVIIe siècle

Les deux mains manquaient.
La gauche a été retrouvée dans le grenier de l'église en 2000.

Photo Pérault - Etang sur Arroux

 

 

A la suite de différentes tractations et péripéties de toutes sortes, Ebroïn décide de se débarrasser de Léger, l'Evêque d'Autun. Il engage une armée et se met en route pour Autun.
Nous sommes en 676.

L'armée d'Ebroïn arrive sous les murs d'Autun, de solides remparts que Léger avait fait restaurer au début de son épiscopat.
La bataille s'engage entre l'armée d'Ebroïn et la garnison qui défendait la
cité.

Une bataille sans résultat. L'armée d'Ebroïn n'avait pas les moyens suffisants pour forcer les remparts ; la garnison qui défendait Autun n'était pas assez forte pour repousser l'assaillant.
Le siège commence.

L'Evêque Léger, enfermé dans sa ville, se rendant compte qu'il ne pouvait plus rien et voulant épargner son peuple de la rigueur d'un siège, décide de s'offrir en otage.

Il est conduit à Couhars ; là, on lui crève les yeux.
L'église de Couhars, dédiée
elle aussi à Saint Léger, nous rappelle ce premier acte de son martyre.

Il sera ensuite mis en résidence surveillée et, finalement, en 678, il est conduit dans une forêt proche d'Arras où il est décapité.

Il vivait ce qu'il avait écrit à sa mère Sigrade :"En suivant le Seigneur, dont la miséricorde nous précède, nous marchons au combat sans trembler et nous mériterons d'avoir part avec les saints de son Royaume."
Ses derniers mots seront pour dire :
"Dieu garde de toute haine le coeur des chrétiens fidèles".

Son martyre le rendit très populaire.
Les nombreuses églises qui lui sont dédiées, les communes de France qui
portent son nom, restent un émouvant témoignage de la dévotion dont nos ancêtres ont entouré la mémoire de Saint Léger (...)

M. Alexandre

 

 

saint Léger,
église de St Léger des Prés
(35)

statue de Saint Léger,
au-dessus de la porte d'entrée principale
de l'église de St Léger sur Roanne
(42)

saint Léger,
église de St Léger près Troyes
(10)

 

  

St Léger sous Beuvray - homélie du dimanche 5 octobre 2003 - Fête de Saint Léger

 

(...) Un ancien texte latin d'un auteur anonyme autunois (cité par l'Abbé PITRA dans son ouvrage sur SAINT LEGER) nous dit : "Le glorieux et illustre LEODEGAR,évêque de la Cité d'AUGUSTODUNUM, devenu en temps chrétien martyr nouveau, naquit en une grande famille de la terre".
Que savons-nous de cette famille?

La famille de LEODEGAR habita sur les bords du Rhin pendant plusieurs générations.
C'était une puissante famille qui possédait des propriétés sur les deux rives du fleuve.
Une famille franque, devenue chrétienne au sein d'un monde qu'on appelait
"barbare".

De cette famille sont issues deux grandes personnalités qui ont marqué leur temps, deux personnalités toujours connues :

  • notre Saint Léger
  • sa nièce, Sainte Odile, Patronne de l'Alsace.

Une famille puissante, qui vivait l'évangile en partageant largement ses richesses.

Saint Léger héritera de cet esprit de partage. Devenu évêque, il lègue à son Eglise d'AUTUN, et tout spécialement à son Centre Social "La Matricula" d'AUTUN, les revenus de ses villas de MARIGNY-SUR-YONNE, de CHENOVE et de TILLENAY.

LEODEGAR enfant, à 10 ans, voit mourir son père.
SIGRADE, sa mère, le confie à son oncle, DIDDO, évêque de POITIERS.
C'est là que LEODEGAR reçoit une éducation soignée, intellectuelle,
spirituelle, diplomatique, qui lui servira par la suite dans ses différentes responsabilités et fonctions, comme Abbé de SAINT-MAIXENT, de Conseiller à la Cour, d'Evêque d'AUTUN.
C'est donc au sein de cette famille franque, une famille rude, mais
assouplie par la foi, que LEODEGAR plonge ses racines humaines et spirituelles.

LEODEGARD, défenseur de la famille : c'est pour avoir reproché au Roi CHILPERIC son mariage irrégulier qu'il connaîtra l'exil à LUXEUIL. 

 

saint Léger,
église de St Léger-Estaimpuis
(Belgique)
"Dans la main droite,
remarquez un outil propre à notre région :
la cuiller des sabotiers,
avec laquelle on évidait les sabots."

buste reliquaire du saint Léger,
église de Seillans (83)

saint Léger,
église de St Chamas (13)
paupières closes,
les yeux dans une coupe
tenue dans sa main droite,
rappel de son martyre

 

LEODEGAR a vécu avec sa mère SIGRADE des relations marquées par l'affection (...)
Nous possédons à ce sujet un témoignage profondément bouleversant : la "Lettre à sa mère SIGRADE".
Nous sommes en 677.
LEODEGAR, dont on a crevé les yeux lorsqu'il s'est
offert comme otage pour sauver sa ville, est en résidence surveillée à FECAMP. Il vient d'apprendre que son frère a été assassiné.
Il pense
alors à sa mère ; il lui envoie un message de consolation dans lequel il écrit : "A Dame et très sainte mère SIGRADE, vraie mère par le lien du sang, il ne faut pas être triste. Imitons le Seigneur. Quel chemin le Seigneur nous a-t-il appris à suivre ?
Ecoute-le qui te dit :"Seigneur, Père, pardonne-leur, car ils ne savent
pas ce qu'ils font".
En imitant et en suivant ainsi le Seigneur, nous mériterons d'avoir
part avec les saints de son Royaume. Rendez grâce à Dieu dans les siècles éternels".

Un tel échange entre un fils et sa mère prend sa source au sein d'une vie familiale vécue à la lumière de l'Evangile, où l'amour est une réalité de vie.
C'est la grande leçon que la fête de SAINT LEGER nous donne de méditer en ce dimanche où nous fêtons la famille (...)

M. Alexandre

 

 

 "Vie de Saint Léger, Evêque d'Autin"
par un moine de St Symphorien d'Autun qui vécut auprès du saint
 "Saint Léger - La Légende Dorée"
de Jacques de Voragine, nouvellement traduite en français - 1261-1266
 "De St Léger, évêque et martyr", par le R.P. Simon Martin
Les Nouvelles Fleurs des Vies des Saints - 1654
 "Saint Léger - 2 octobre"
Les Vies des Saints - 1724
 "Histoire de saint Léger, évêque d'Autun et martyr"
par le R.P. Dom Pitra - 1846
 "Saint Léger - son martyre - sa première sépulture à Lucheux"
par l'abbé Théodose Lefèvre - 1884
 "saint Léger, évêque d'Autun, martyr"
Imprimeur E. Petithenry, Paris - vers 1900
 "Vie de Saint Léger"
par le R.P. Camerlinck, de l'Ordre des Frères Prêcheurs - 1906
 "Léger, d'Autun"
par
Dom H. Leclercq - 1929
"Eléments pour une étude sur la diffusion du culte de Saint Léger"
parue dans "la revue du Bas Poitou" tome IV - 1971
 "Saint Léger - fête le 2 octobre - 3 octobre"
La Légende Dorée d'Autun, par Denis Grivot - 1974
"Saint Léger", par Denis Grivot,
Maître de Chapelle Honoraire de la Cathédrale d'Autun
 La prédication sur Saint Léger faite à l'église protestante
de St Légier la Chiésaz (Suisse) - 1997
 
 "Saint Léger, évêque d'Autun et martyr"
2 homélies du Père Alexandre, St Léger sous Beuvray - 1998 et 2003
 "Saint Léger, porte-parole des élites bourguignonnes"
tiré du Journal de la Bourgogne - 2002
 "le bon et la brute" ou "Léger contre Ebroïn"
sur le très joli site "Auxonne, capitale du Val de Saône" - 2009

 

 

http://www.stleger.info